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Carnets d'été : « La science au pied des immeubles. »

08 août 2012 Catégorie : Jeunesse Éducation populaire

Carnets d'été : « La science au pied des immeubles. » Photos © David Jecko

Stanislas Faveraud est coordinateur départemental pour Les petits débrouillards dans la Meuse. Une association qui fait vivre les concepts de solidarité et de générosité dans l’animation.

« À l’âge de cinq ans, l’une de mes tantes m’a montré la Lune et les astres autour. À six ans, j’ai reçu une lunette astronomique en plastique comme on offre un jouet à d’autres à Noël. Je suis tombé dedans et depuis, l’astronomie ne m’a jamais plus quitté. » On aurait volontiers imaginé que cette passion mènerait Stanislas Faveraud sur les traces du trop méconnu Camille Flammarion [NDLR : un indice ; c’est le frère d’Ernest, le fondateur de la maison d’édition]. Pourtant, il n’en est rien car, depuis 2008, cet homme de 32 ans occupe le poste de coordinateur départemental pour Les petits débrouillards dans la Meuse. Toutefois, c’est bien cette passion qui lui a permis de décrocher ce poste qui n’existait pas auparavant : « J’ai un bac en électronique et un Bafa… Mon parcours scolaire a été plutôt chaotique. À la sortie de mes études, on me proposait sur la région bordelaise, là d’où je suis originaire, de devenir jardinier et cela ne m’intéressait pas. »

Heureusement, l’observatoire astronomique des Côtes de Meuse, située à Viéville, a eu confiance en ses compétences et ses connaissances, et l’a recruté comme animateur sous le statut d’emploi-jeune. « J’y suis resté pendant 6 ans. Durant cette période, j’ai passé un Bpjeps via le CNED dans le cadre de ma formation continue et j’ai découvert Les petits débrouillards. Je me suis retrouvé dans les valeurs de l’association et, entretemps, ma vie familiale avait changé ; j’aspirais à un travail plus diurne. »

Cette association, qui se compose au niveau national d’une centaine de salariés permanents et de plus d’un millier de bénévoles, a pour objectif de faire découvrir le monde qui nous entoure, aux enfants comme aux adultes, de manière expérimentale. Tout en mettant un point d’honneur à ce que les animations organisées développent la curiosité et l’esprit critique tout autant que la solidarité et les liens intergénérationnels. « On structure nos animations en fonction des centres d’intérêt des usagers des structures de loisirs (ou scolaires) avec qui nous travaillons : on touche à des domaines scientifiques variés, comme la chimie, l’eau, l’astronomie… mais aussi aux énergies renouvelables, puisque 2012 a été déclarée année internationale de l’énergie durable par les Nations unies. »

Les cités débrouillardes

Ainsi, les membres de l’association interviennent durant l’été dans certains quartiers défavorisés des zones urbaines, là où les enfants et adolescents ne partent pas en vacances et ne fréquentent pas forcément les accueils de loisirs existants. Exemple : à Ligny-en-Barrois (55), dans le quartier de l’Ornain. « Voilà maintenant trois ans que nous venons en été dans ce quartier pendant une semaine, dans le cadre de l’opération Les cités débrouillardes. On arrive avec notre tente et notre matériel au pied des HLM… et les gens, les jeunes comme les adultes, participent aux animations que nous proposons en toute liberté. On n’impose rien, tout est gratuit [NDLR : grâce notamment à un financement municipal] et on s’adapte à leurs envies ! »

L’idée a autant de simplicité qu’elle rencontre de succès : les habitants du quartier attendent leur venue, participent toutes générations confondues aux animations et organisent même en fin d’après-midi un goûter intergénérationnel. « On éveille la curiosité, montre que la science est partout ! » Des valeurs chères à l’association, comme à Stanislas. « Cette solidarité et ce plaisir sont pour moi prioritaires. Ce sont les fondements de mon travail et une source de motivation. »

Dans ses paroles, je n’ai jamais entendu le terme d’éducation populaire. Pourtant, nous sommes en plein dedans. Tout est dit avec simplicité : « On essaie, on expérimente des projets et tant pis si on se plante. On essaie de donner du plaisir, nous sommes avant tout des moyens et des outils. »

Quand on écoute cet animateur, on se rend compte que les projets de l’association sont chargés d’humanisme, désintéressés et, semble-t-il, bien loin des grands débats qui secouent le secteur. « C’est vrai que c’est plutôt dur en ce moment, que les subventions se font rares… Mais il faut être motivé, se donner à fond et, surtout, je dirais que c’est là que je me plais, c’est là qu’est ma place. »

Florent Contassot

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