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Carnets d’été : l'animation, de la passion à la professionnalisation

25 juillet 2012 Catégorie : Jeunesse Éducation populaire

Carnets d’été : de la passion à la professionnalisation

Vivre de l’animation en enchaînant les séjours, voilà ce que fait Solange Cobo depuis maintenant deux ans. Une situation tout à la fois désirée et appréciée, mais qui ne peut durer qu’un temps.

« Je suis partie en Angleterre du 6 au 21 juillet avec 24 ados âgés de 12 à 14 ans. Je repars en Irlande du 3 au 16 août, une nouvelle fois avec des 12-14 ans puis, en Haute-Savoie, du 17 au 30 août, avec des 14-18 ans. » Trois séjours et par trois fois directrice : pour la Caisse centrale d’activités sociales du personnel des industries électrique et gazière (CCAS), Vacances Voyages Loisirs (VVL) et pour le Centre d’échanges internationaux (CEI). Cet été, Solange Cobo aura à peine le temps de défaire ses bagages. Mais, de là à entamer l’énergie et l’investissement de cette sémillante jeune femme, il y a un gouffre ! Titulaire d’un Bafa, d’un Bafd, d’un diplôme d’animation canadien [ndlr : obtenu l’an passé et financé par l’UCPA], elle passe actuellement un Bpjeps Loisirs Tous Publics en VAE. « J’ai commencé à travailler dans l’animation à l’âge de 17 ans. J’y suis arrivée presque par hasard, durant mes études de costumière. Le contact avec les enfants m’a plu et, depuis deux ans, je m’y consacre pleinement. » Avec passion.

Ne pas regarder à la dépense

« La réussite d’un séjour dépend de son directeur, de l’équipe d’animation et surtout des moyens que l’on se donne… On peut tout faire, même avec pas grand-chose ! Il est vrai que, pour le séjour que je viens de passer à Westonbirt, organisé par la CCAS et VVL, mon budget animations avoisinait les 3 600 €. Ce qui est très confortable… J’ai cependant sollicité les habitants des environs afin de donner encore plus de cachet [ndlr : vêtements, tissus, mobiliers, etc.] à certaines animations que j’avais concoctées, comme le match de Quidditch. »

Tous les séjours ne sont pas égaux financièrement et il est parfois bon de le rappeler. Ceux de la CCAS puisent leurs ressources dans le fonds du 1 % et ne manquent pas de moyens. « Ces jeunes ont de la chance et ils le savent. Certains ont déjà participé à plus d’une trentaine de colos et visité une quinzaine de pays… Ce qui est plus que moi », ajoute-t-elle, en riant. « L’ambiance de ces séjours est agréable, on s’y plait vite et, d’une certaine manière, on en profite beaucoup. » Ce qui n’a pas pour autant empêché Solange de refuser d’autres propositions du même acabit. On lui avait proposé un séjour aux États-Unis, un autre en Espagne… Non qu’elle se sente débordée, car l’écriture des projets pédagogiques et le recrutement des équipes d’animation étaient arrêtés dès la fin mai. « Je suis organisée, je me repose dès que l’occasion se présente et mes conditions de travail sont excellentes cette année », précise-t-elle.

« Je voulais simplement varier le plaisir et c’est l’une des possibilités qu’offre l’animation. Je souhaitais retrouver d’autres tranches d’âge, car notre rôle est étroitement lié à notre public. Ainsi, j’ai choisi de partir avec le CEI en Haute-Savoie et cela sera un autre environnement. Automatiquement, je serai plus tournée vers l’écoute. »

Poser ses bagages

Bien entendu, ses choix n’ont pas été motivés par l’argent ; tout au contraire, car le salaire journalier de la CCAS est presque une fois et demi supérieur à celui du CEI. Pourtant, elle avoue ne pas encore savoir ce qu’elle fera dans deux mois. « Je vais rendre mon appartement d’ici peu, et retourner chez mes parents. J’ai deux pistes pour le mois de septembre, un voyage solidaire en Bolivie et un séjour au Cambodge, mais rien n’est encore fait... C’est pourquoi je préfère anticiper. Je reconnais avoir de la chance, car je voyage, je fais sans cesse de nouvelles rencontres, je travaille au quotidien sur moi et avec les autres, je gère des équipes ce que j’apprécie énormément… Toutefois, d’un point de vue personnel, cette situation n’est pas évidente pour s’installer, rencontrer ses amis, fonder une famille, etc. »

Voire redevenir active dans l’association Créateurs de bonheur, dont elle est la responsable depuis 2005 sur Avignon. Il semble donc logique que Solange aspire aujourd’hui à poser ses bagages, comme bien d’autres animateurs à l’expérience semblable, et à trouver comme elle dit « une place à l’année »

Florent Contassot

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