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Refondation de l’éducation : Valérie Fourneyron fait entendre sa voix

03 octobre 2012 Catégorie : Jeunesse Éducation populaire Ministères et institutions Vie associative

Refondation de l’éducation : Valérie Fourneyron fait entendre sa voix
La ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative a publié le 1er octobre sa contribution au débat sur la refondation de l’éducation.

Dans le cadre du débat sur la refondation de l’éducation, où les effets d’annonce se multiplient tant du côté gouvernemental que syndical, Valérie Fourneyron a choisi de rendre publique, plutôt discrètement, ses contributions sur les thèmes notamment des rythmes éducatifs, de la lutte contre le décrochage scolaire, de la formation initiale et continue… Le texte est à lire intégralement ici. C’est instructif et méritait qu’on mette un coup de projecteur sur la partie consacrée aux rythmes éducatifs.

En effet, on se rend compte dès le début de ce document que la ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative n’oublie pas les véritables enjeux de la refondation de l’école, à savoir par exemple « l’articulation des différents temps éducatifs (avant l’école, pendant la pause méridienne, après l’école, le mercredi, les petites et grandes vacances) et des personnes intervenantes (enseignants, animateurs et personnels des collectivités, éducateurs sportifs, etc.) ». Ainsi, elle prône « la mise en œuvre d’un partenariat au niveau local entre les collectivités territoriales, l’Etat (ministères de l’Education nationale ; des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative ; de la Culture ; de la Ville), et les associations. Ce cadre national prévoirait une démarche de diagnostic, puis l’élaboration d’un projet éducatif de territoire finalisé par une contractualisation ». C’est un positionnement ambitieux mais qui a le mérite de souligner la réussite des projets éducatifs locaux et de poser clairement l’importance du lien qu’il doit y avoir entre toutes les structures éducatives d’un même territoire.

Une offre de loisirs adaptée

On y apprend aussi qu’elle est parfaitement consciente du rôle central de l’offre de loisirs éducatifs, sportifs et culturels en cas de réaménagement de la semaine scolaire notamment en primaire. « Si l’hypothèse d’aménagement de la semaine était de 9 demi-journées reparties sur 5 jours (lundi, mardi, jeudi, vendredi et mercredi ou samedi matin), notre choix irait vers une organisation de la journée restant sur les horaires classiques et prenant en compte un allongement de la pause méridienne, dédiée à des activités et loisirs éducatifs. (…) Ce système a l’avantage de ne pas désorganiser les activités périscolaires existantes et de garder les repères actuels des parents. »
De même, elle consacre plusieurs paragraphes au coût de ces possibles évolutions, en soulignant au passage quelques-unes des incohérences actuelles. « Il nous semble qu’une autre compensation pourrait se faire par la redistribution des financements par les collectivités territoriales. La multiplication, constatée ces dernières années, d’intervenants divers et réguliers sur le temps scolaire, financés par les collectivités, entraînent un double financement public. En période d’ajustement budgétaire, il serait utile de redonner aux enseignants la pleine responsabilité éducative sur le temps scolaire permettant ainsi aux collectivités d’utiliser leurs financements pour les temps sous leur responsabilité, c'est-à-dire les temps péri et extrascolaires. »

Valérie Fourneyron s'exprime également sur la question de la formation initiale et continue des différents acteurs professionnels impliqués dans l'éducation des enfants, insistant sur la nécessaire complémentarité entre animateurs et enseignants : "La sensibilisation des professeurs en formation initiale et continue sur l’apport des activités péri et extrascolaires, et sur la valeur ajoutée des projets éducatifs locaux, est un enjeu structurant pour les décennies à venir. La réciproque est tout aussi importante : les animateurs notamment issus de l’éducation populaire et du monde sportif devraient être sensibilisés et formés aux objectifs, aux moyens et au fonctionnement de l’enseignement scolaire."
Ainsi, ces formations pourraient porter notamment sur "la qualification, les méthodes, et les outils des uns et des autres afin de faire évoluer les représentations collectives et ainsi créer les conditions favorables à une coopération respectueuse des rôles et des compétences de chacun".

Au final, ces contributions de la ministre sont agréablement surprenantes. On la disait très centrée sur le sport et peu au fait de l’éducation populaire, or dans ces quelques lignes, on voit qu’elle ne perd pas de vue cet aspect de son ministère et qu’elle y porte une attention certaine. Maintenant, restent à voir le véritable impact qu’aura son message dans le débat et les échos qu’il pourra trouver auprès des professionnels de l’éducation. Nous sommes dans une période charnière, c’est donc maintenant qu’il faut faire entendre sa voix et surtout ses opinions !

Commentaires (2)

  • Mickaël

    Mickaël

    04 octobre 2012 à 08:23 |
    Une fois de plus toutes les décisions sont prises sans concertation, au détriment du tourisme, de l'éducation populaire ! On adapte, on modéle l'éducation nationale comme un vulgaire bout de papier pour satisfaire des égos surdimensionnés mais on ne tient absolument pas compte des réalités du terrain, des professeurs, des animateurs, et des professionnels du touriste et des loisirs. "j'exige, j'impose" voilà ce que le ministre de l'éducation nationale fait ! les professionnels de l'animation sont dans le flou le plus total et ce qui est mis en place sur le mercredi ou le samedi va être bouleversé au détriment des enfants ! Comment les communes peu fortunées font-elles faire ? se rassembler pour un mode de garde après l'école ? c'est comme vendre du sable dans le désert ! les réalités du terrain reflètent des problèmes bien plus importants : distance entre les communes, manque de transport, personnel non qualifié, manques d'atomes crochus entre les élus, locaux inadaptés .... De plus, l'état va t'il aider les professeurs ou animateurs professionnels qui seront personnellement confrontés à des problèmes de garde d'enfants ou qui verront leurs factures de garde augmenter considérablement ? Car on tape toujours sur les fonctionnaires, mais il faut rappeler que depuis plus de 3 ans les salaires sont gelés ! oui, il y a la sécurité de l'emploi, c'est indéniable, mais dans la fonction publique, il n'y a pas de C.E, pas davantage pécuniers. Alors la facture risque d'être salée !
    Normalement, notre gouvernement est un gouvernement de gauche. Gauche = force de progrès ! je ne vois aucun changement dans la façon d'agir des ministres ! dommage ! Des décisions seront prises sans concertation au détriment de tous : enfants et professionnels ! vive la démocratie ! la démocratie n'est pas le meilleur système, c'est le moins pire ! Je suis blasé et écoeuré de voir comment on peut jouer avec nous !
  • Martine Plisson

    Martine Plisson

    07 octobre 2012 à 20:03 |
    Il y a comme une contradiction dans le discours de madame Fourneyron! En effet elle propose une "redistribution des financements" qui concernent les intervenants payés par les communes pendant le temps scolaire et pendant le temps péri-scolaire. Ce qui permettrait "aux collectivités d’utiliser leurs financements pour les temps sous leur responsabilité". En même temps, elle parle d'une "nécessaire complémentarité entre animateurs et enseignants"... et elle souhaite "créer les conditions favorables à une coopération respectueuse des rôles et des compétences de chacun".
    Ce que je comprends: c'est que l'effort demandé aux communes pour financer l'augmentation du temps périscolaire va segmenter un peu plus les rôles de chacun: l'enseignement d'un côté, l'animation de l'autre.
    Alors qu'une dynamique de projet pourrait entraîner une interpénétration des activités scolaires, culturelles, artistiques et sportives, avec des interventions co-éducatives des enseignants, des parents et de l'éducation populaire.
    On refonde ou on bricole?

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