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Réforme de rythmes éducatifs : les animateurs délaissés par Peillon

16 novembre 2012 Catégorie : Jeunesse Éducation populaire Ministères et institutions Vie associative

Réforme de rythmes éducatifs : les animateurs délaissés par Peillon – Photo © Laurence Fragnol
Plusieurs rencontres entre le ministre de l’Éducation nationale et les représentants des enseignants, des collectivités, des parents d’élèves et des associations ont eu lieu cette semaine. Avec quel résultat ?

« Nous sommes inquiets de la façon dont les choses évoluent » concernant la réforme des rythmes, a déclaré à l’AEF Bruno Chichignoud, président du Cape (Collectif des associations partenaires de l'école), à la sortie d'une rencontre de représentants du collectif au ministère. « Les propositions avancées lundi et mardi servent plutôt les conditions de travail des enseignants, qui sont très importantes certes, mais nous percevons le risque de passer à côté d'une vraie réforme », a-t-il estimé.

Les associations pédagogiques redoutent que la gestion des temps éducatifs soit « morcelée et non pas dans une approche globale ». « Le temps périscolaire et l'aide personnalisée pourraient être mieux mêlés dans un projet de travail en équipe pluricatégorielle », estiment les associations, qui s'opposent à une « réforme qui enchaînerait des temps séparés ». Les organisations regrettent aussi que les enseignants proposent une table ronde avec les représentants des parents d'élèves et des collectivités » en oubliant « le secteur périscolaire ».

600 millions d’euros à la charge des collectivités ?

Lundi 12 novembre, lors d'une rencontre entre les associations d'élus et Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, ce dernier avait demandé aux collectivités trois heures de prise en charge des enfants dans le cadre de la réforme des rythmes éducatifs.

Dès le lendemain, l'AMGVF (Association des maires de grandes villes de France) a publié un communiqué de presse selon lequel, « évalué à 150 euros par enfant et par an, le coût de la réforme devrait atteindre 600 millions d'euros pour les collectivités locales ». L'association a exprimé « son inquiétude sur le financement de trois heures supplémentaires », qui aurait « pour conséquence des dépassements budgétaires importants dans un contexte où les dotations aux collectivités locales ne feront pas l'objet d'un abondement spécifique dans les prochaines années ».

Les élus des grandes villes demandent donc que « les horaires quotidiens ne soient pas figés par un décret mais fassent plutôt l'objet d'une concertation locale de manière à articuler la journée en fonction des nécessités et contraintes locales ».

« Pas les moyens » en zones rurales

Dans le même registre, Vanik Berberian, président de l'AMRF (Association des maires ruraux de France), a indiqué le 13 novembre souhaiter « qu'on se mette d'accord sur le contenu » des trois heures de prise en charge des collectivités et ensuite sur le financement. « En zone rurale, nous n'avons pas les moyens », a-t-il insisté sans pouvoir toutefois chiffrer les coûts induits par la réforme. « Nous demandons que l'État assume cette responsabilité là. » Il souligne aussi le « besoin de reconstruire le tissu associatif malmené ces dernières années » et sur lequel devrait reposer une partie des animations péri-éducatives.

En revanche, Vanik Berberian est satisfait de « la dimension nouvelle de souplesse » dans l'organisation de la semaine. En effet, selon le syndicat enseignant SE-Unsa, la 24e heure de temps de classe pourrait être « flottante ». Concrètement, au lieu de faire sur toutes les journées pleines 5h15 de classe et 45 minutes d'activités péri-éducatives, le ministre aurait indiqué qu'il pourrait être possible d'organiser par exemple une journée de 6h de classe et les autres de 5h (à l'exception du mercredi, dont le temps de classe serait toujours de 3h).

Les animateurs, grands absents des concertations

On le voit, la réforme semble confirmer son recentrage sur l’école, les enseignants et les représentants des collectivités jouant de leur influence pour faire pression sur le ministre.

Dans ces conditions, il est regrettable que les déclarations des uns comme des autres omettent totalement de faire référence aux animateurs, à leurs futures conditions de travail, à la nature de leurs interventions dans et hors l’école et à leur prise en compte réelle dans l’élaboration des projets éducatifs.

Il est d’ailleurs paradoxal que les animateurs ne soient représentés dans les discussions en cours qu’à travers leurs employeurs, directs ou indirects. On peut aussi émettre des doutes quant à l’évaluation du coût de la réforme par les collectivités, qui ne mentionne à aucun moment les économies engendrées par la suppression des accueils de loisirs du mercredi matin, qui interviendront dès l'entrée en vigueur de la réforme. Cela se fera dès la rentrée 2013, comme l’a confirmé l’Élysée le 15 novembre.

Une raison supplémentaire pour tous les animateurs de s’informer et de se mobiliser pour faire entendre leur voix dans le débat. C’est en ce sens que Le Journal de l’Animation et le Syndicat de l’éducation populaire Unsa ont lancé le 12 novembre l’opération « Rythmes éducatifs : n’oublions pas les animateurs ! », qui s’est d’ores et déjà concrétisée par la création d’une page Facebook, en attendant d’autres initiatives.

DJ avec AEF

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