18 ressources pour se faire un avis sur l’appropriation culturelle – Photo © Laurence Fragnol

18 ressources pour se faire un avis sur l’appropriation culturelle

DES ARTICLES EN LIGNE

Interview d’Eric Fassin, sociologue
Dans cet entretien au quotidien Le Monde, le sociologue Eric Fassin explique l’origine et le contenu du concept d’appropriation culturelle né dans les années 1990, au cœur de nombre de polémiques récentes.

 “Je suis Juif, Charlie, Flic” justement parce que je ne le suis pas
Dans cet article publié sur le site Causeur.fr, Sarah Borensztein développe la thèse selon laquelle l’appropriation culturelle est en réalité de l’empathie : “Le concept majeur qu’il faut remettre au centre de nos préoccupations, c’est l’empathie, la réelle appropriation de la souffrance d’autrui, non pas pour la lui ‘voler’, mais pour la comprendre au-delà d’une complainte générale en Ré mineur : ‘Quelle tragédie !’”

Comprendre l’appropriation culturelle
Une interview du site féministe Les Glorieuses, où Mrs Roots, blogueuse, écrivaine et activiste afroféministe, tente de définir ce qu’est l’appropriation culturelle (et ce qu’elle n’est pas), exemples concrets à l’appui.

DES VIDÉOS

Les Brutes et l’appropriation culturelle
Le concept d'appropriation culturelle, ça a l'air compliqué tout de même. Mais au fond, c'est juste une question de sensibilité. C’est en tout cas ce qu’en disent Les brutes, deux jeunes femmes qui jettent un regarde drôle et irrévérencieux sur l’actualité, dans cette capsule diffusée sur Télé-Québec.

L’appropriation culturelle en questions
Pouvez-vous vous déguiser en “Indien” pour Halloween ? Pouvez-vous porter des tresses en toutes circonstances ? La youtubeuse Naya Ali répond à ses questions, et à beaucoup d’autres posées par une voix-off, dans cet épisode de Kesak oh publié sur sa chaîne Naya, où elle explore notamment la thématique du racisme dans les médias, la culture, etc.

L’appropriation culturelle selon Raphaël Enthoven
“L'accusation d'appropriation culturelle, c'est la face souriante de la xénophobie.” Raphaël Enthoven décrypte dans cette chronique d’avril 2018 sur Europe 1 le thème de l’appropriation culturelle, par le prisme de la philosophie.

Rien ne peut justifier les apartheids
La journaliste Anne Rosencher (L’Express) s'attarde sur le concept d’appropriation culturelle, venu d’Amérique du Nord, et de plus en plus présent dans la presse féminine, en raison de la mise en cause de nombreux stylistes et stars. Pour elle, “le racisme [ne peut être] justifié par l’antiracisme [et] rien ne peut justifier les apartheids.”

L'appropriation culturelle, ou comment se tromper de combat
Dans cette vidéo, la youtubeuse Sabine Desoni livre une analyse globale sur l'appropriation culturelle à travers les origines de ce concept, des exemples, et l’expression de son point de vue personnel sur ce sujet controversé. Alors, est-ce réellement une insulte de manger un sushi sans idolâtrer la culture dont il est issu ?

Apprendre une langue, est-ce de l’appropriation culturelle ?
Apprendre une langue, est-ce la voler aux peuples qui la parlent ? Doit-on renoncer à apprendre la langue d’une “communauté opprimée” ? L’analyse de la chaîne Youtube Le Monde des Langues

Les acteurs face à l’appropriation culturelle
Les acteurs peuvent-ils interpréter un rôle distinct de leur propre identité ? C’est un autre versant du concept de l’appropriation culturelle, sur lequel s’exprime Sophie Prégent, la présidente de l'Union des artistes au Québec. Pour elle il s’agit d’une mauvaise manière d’aborder de vrais problèmes.

DES LIVRES

En quête d'Afrique(s) : Universalisme et pensée décoloniale
Souleymane Bachir Diagne et Jean-Loup Amselle, Albin Michel, 22 € (2018)
À partir de leurs itinéraires respectifs, le philosophe Souleymane Bachir Diagne et l'anthropologue Jean-Loup Amselle dialoguent sur des questions cruciales qui engagent les rapports entre l'Afrique et l'Occident. Ces échanges reposent sur la conviction partagée que toutes les entreprises qui visent à établir une communication entre les différentes cultures humaines de notre planète sont salutaires, car elles permettront d'abattre les barrières réelles ou imaginaires qui fragmentent notre monde.

Se défendre. Une philosophie de la violence
Elsa Dorlin, Ed. Zones, 18 € (2018)
Elsa Dorlin fait dans cet ouvrage un récit terrifiant de la violence imposée tant par l’ordre colonial que racial. Tout acte commis par un esclave, un indigène ou un subalterne fut longtemps considéré comme potentiellement délictueux. En réponse, les pratiques et cultures d’autodéfense ont toujours existé. L’auteure, tout en les légitimant, en pointe les risques. Quand les proies se mettent à chasser, elles se transforment en chasseurs à leur tour, chacun devenant une proie potentielle. L’altérité est alors éradiquée au profit de la peur et de la haine.

L'assignation : les noirs n'existent pas
Tania de Montaigne, Grasset, 13 € (2018)
“Qu'est-ce qu'une Noire ? J'essaie de me souvenir du temps où je n'étais pas Noire, mais seulement noire, sans majuscule. Un adjectif, pas un nom. Une simple couleur. Je passe en revue les souvenirs, la cité, l'école, les premiers boulots...Mais dans toutes ces images, je suis déjà Noire. Alors, qu'est-ce qu'une Noire ? D'ailleurs, est-ce que ça existe ? Et si les Noirs (et tous ceux dont on peut parler en ayant l'illusion qu'en mettant une majuscule on a tout dit d'eux) n'existaient pas ?” Ce sont ces questions qu’explore Tania de Montaigne dans cet ouvrage.

Je suis noir et je n’aime pas le manioc
Gaston Kelman, Ed. Max Milo, 12 € (2005)
“Alors mon brave, dit un officiel français à un émigré convalescent dans un hôpital de Bamako, toi content repartir en France regagner sous ! Toi faire quoi en France ?” “Je suis professeur de littérature à la Sorbonne, monsieur…” Un Noir, n'est-ce pas, ce n'est pas très intelligent ni très cultivé. Il a certes de bons côtés : il se nourrit de manioc, il est rieur, enfantin, doué pour la musique (sauvage et rythmée, pas classique), mais il est surtout sous-développé et compense par un membre surdimensionné... Tout le monde le sait. Gaston Kelman dévide avec une verve féroce les lieux communs qui pèsent sur les Noirs, alternant le sérieux de son propos avec des anecdotes pathétiques, hilarantes et parfois cruelles.

La condition noire : essai sur une minorité française
Pap Ndiaye, Folio, 10,20 € (2009)
Exploits des sportifs de haut niveau, émeutes en banlieue, lutte contre le racisme et les discriminations, mouvement associatif : depuis une dizaine d'années, les Noirs vivant en France métropolitaine sont apparus si visiblement sur la scène publique nationale qu'on peut parler aujourd'hui d'une “question noire” française. Cet essai dense et limpide décrit et analyse, du XVIIIe siècle à nos jours, le passé et le présent d'une minorité française. Car la “condition noire” désigne une situation sociale qui n'est pas celle d'une classe, d'une caste ou d'une communauté, mais celle d'une minorité, c'est-à-dire d'un groupe de personnes ayant en partage l'expérience sociale d'être considérées comme noires.

De la question sociale à la question raciale ?
Didier Fassin, La Découverte, 11,90 € (2009)
Aujourd'hui, la question raciale vient apporter un démenti aux discours qui se réclament de l'universalisme républicain ; mais elle ne permet pas davantage de représenter la société exclusivement en termes de classes. À l'ombre des émeutes urbaines de l'automne 2005, c'est la représentation d'une France racialisée qui depuis s'est imposée dans le débat public. On n'ignorait pas le racisme ; on découvre combien les discriminations raciales, dans l'emploi, le logement et à l'école, face à la police et à la justice, structurent des inégalités sociales. Les études réunies dans ce livre composent un éloge de la complexité, autour d'un engagement problématisé : comment articuler, plutôt que d'opposer, question sociale et question raciale ?

Dans le blanc des yeux : diversité, racisme et médias
Maxime Cervulle, Amsterdam, 10 € (2013)
“Diversité”, “lutte contre les discriminations”, “statistiques ethniques” : autant d'expressions qui, depuis les années 2000, n'ont cessé d'alimenter la controverse au sein de la sphère publique française. Dans ce contexte, les domaines audiovisuel et cinématographique ont été au cœur des préoccupations et la question de la représentation des dites “minorités visibles” a été particulièrement polémique. Inversant les termes habituels du débat français autour de la “diversité”, cet ouvrage propose d'interroger la construction sociale de la “blanchité” : l'étude des modalités dynamiques par lesquelles des individus ou groupes peuvent adhérer ou être assignés à une “identité blanche” socialement gratifiante.

De quelle couleur sont les Blancs ?
Sous la direction de Sylvie Laurent et Thierry Leclère, La Découverte, 24 € (2013)
De quoi le Blanc est-il donc le nom ? Le débat sur les “minorités visibles” accouche aujourd'hui, logiquement, d'un questionnement sur la “majorité invisible”. Alors qu'est-ce qu'être Blanc ? Une couleur ? Ce serait si simple... Pour la première fois en France, cet ouvrage d'historiens, de sociologues, d'anthropologues et de journalistes revisite de façon originale les questions raciale et sociale, avec la conviction qu'il faut déconstruire la “question blanche”, pour mieux la dépasser.

Retrouvez notre dossier "Entre appréciation et appropriation culturelle, comment s’y retrouver ?" dans Le Journal de l'Animation n° 199


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