25 ressources sur l’accueil des mineurs étrangers non accompagnés

25 ressources sur l’accueil des mineurs étrangers non accompagnés

SITE INTERNET

InfoMIE – Centre ressources sur les mineurs isolés étrangers
InfoMIE est une plateforme nationale d’acteurs travaillant, accompagnant les mineurs isolés étrangers (MIE) et un centre de ressources en ligne sur les MIE, donnant accès au droit applicable aux MIE et aux pratiques professionnelles en découlant. Incontournable, le site http://www.infomie.net constitue une précieuse mine d’informations.

DOCUMENTS

Des typologies pour faire connaissance avec les mineurs isolés étrangers et mieux les accompagner
Angélina Etiemble et Omar Zanna, synthèse d’une Mission de Recherche Droit et Justice (juin 2013)
Angélina Etiemble et Omar Zanna ont conduit en 2012, à la demande du ministère de la Justice, une mission de recherche destinée à mieux identifier les profils des mineurs isolés étrangers présents en France, à mieux connaître leurs motivations à la migration, afin de mieux les accompagner et les prendre en charge. Cette étude, qui aboutit à une typologie de sept profils de mineurs, est disponible gratuitement en ligne.

Ni sains, ni saufs : enquête sur les enfants non accompagnés dans le Nord de la France
Olivier Peyroux, Alexandre Le Clève et Evangéline Masson Diez, recherche effectuée pour l'Unicef France et publiée en juin 2016
Cette enquête a été réalisée par les sociologues de l’association Trajectoires, spécialisée dans les diagnostics sociaux des populations vivant en bidonvilles en France. Elle a été conduite de janvier à avril 2016 dans sept bidonvilles sur trois départements du littoral de la Manche (Calais, Grande-Synthe, Angres, Norrent Fontes, Steenvoorde, Tatinghem, Cherbourg). Pour l’Unicef, l’objectif de ce travail était de faire émerger les besoins et les points de vulnérabilité des enfants non accompagnés afin d’élaborer des recommandations pour améliorer leur prise en charge à travers les dispositifs existants ou à créer. Un résumé est proposé sur le site de l’Unicef, ainsi que le reportage photographique qui a accompagné cette enquête. Le document complet de l’enquête Ni sains, ni saufs est également téléchargeable en ligne.

VIDÉOS

Sijad, 12 ans, ma vie seul dans la jungle de Calais
Sijad a 12 ans, il a fait le trajet de l'Afghanistan jusqu'au littoral français sans ses parents. Le garçon a échoué dans la "jungle" de Calais il y a 3 mois. Il s'est glissé derrière la caméra pour nous montrer sa vie.

Conférence de Sophie Djigo sur les migrants de Calais
Un entretien avec Sophie Djigo, philosophe, mené par Daniel de Roulet, dans le cadre du 9e Printemps des sciences humaines et sociales « S’émanciper ». Les droits politiques sont l’apanage des citoyens, constitués en peuple au sein des États-nations. Dans ce contexte où les États se définissent par leur territoire et leurs frontières, et les citoyens, par leur appartenance nationale, comment exister en tant que sujet politique lorsqu’on est migrant? Quels droits ont ces individus qui vivent en transit à même les espaces nationaux ? Comment se constituer en communauté lorsqu’on est clandestin, sans statut et sans voix ?

À ma place
Le temps d’un clip, quelques requérants d’asile mineurs non accompagnés vous laissent vous immiscer dans les coulisses de leurs vies. À 15 ans, comment vit-on à Genève sans le moindre repère familial, pourtant si fondamental ? Le temps d’un clip, la vie d’un réfugié mineur est comparée à celle d’un adolescent genevois. Quelles similitudes et différences ressortiront de la vie de ces ados du même âge, alors qu’ils vivent tous dans la même ville ? Et quels auraient été vos grands défis si vous aviez dû arriver seul à 15 ans dans un environnement où tout vous est étranger ?

Classe d’accueil
Dans la salle 326 du Lycée Paul-Valéry de Paris, 25 élèves de 15 à 18 ans, de 20 nationalités différentes : Moldaves, Tunisiens, Tibétains, Iraniens, Chinois, Nigériens, Serbes, Colombiens, Irlandais, ou encore Afghans affichent le même désir d’apprendre le français. Stéphane Paroux, leur professeur, les accompagne dans ce travail. Le documentaire Classe d’accueil suit cet apprentissage mais, bien au delà, accompagne certains élèves dans leur problématique de jeunes étrangers en France et explore comment l’école républicaine accomplit ses fonctions premières de transmission des savoirs et d’intégration.

Exil de la dernière chance
Court-métrage réalisé par le Conseil de la jeunesse du 10e arrondissement de Paris (2009)
Depuis la fermeture de la jungle de Calais, en avril 2009, des centaines d'exilés afghans se sont installés dans plusieurs quartiers du 10e arrondissement de Paris. Qui sont-ils ? D'où viennent-ils ? Où vont-ils ? Devant ces questions laissées sans réponses, les élus du Conseil de la jeunesse de cet arrondissement parisien ont décidé en décembre 2009 de réaliser un documentaire sur ces exilés. À la recherche de témoignages, ils ont passé près de 6 mois à suivre les plus jeunes d'entre eux dans leur vie quotidienne, entre souffrance du passé et espoir d'avenir.

Aïssa
Court-métrage réalisé et écrit par Clément Tréhin-Lalanne (2008)
Aïssa est congolaise. Elle est en situation irrégulière sur le territoire français. Elle dit avoir moins de 18 ans, mais les autorités la croient majeure. Afin de déterminer si elle est expulsable, un médecin va examiner son anatomie.

Être un jeune migrant isolé en France
Débat sur TV5 (2015)
Parmi les centaines de réfugiés clandestins qui errent dans les campements de fortune de Calais, des mineurs tentent de suivre leurs ainés. Souvent isolés, ils sont censés être protégés par la Convention internationale des Droits de l’Enfant. Renaud Mandel, président de l'Admie (Association pour la défense des mineurs isolés étrangers), et Papé, jeune malien arrivé en France à 17 ans, témoignent.

Seuls au monde
Reportage de Bruno Victor-Pujebet (2010)
Chaque année, plusieurs centaines de mineurs isolés parviennent jusqu'à nos frontières. Tous, venus d'Afrique, d'Asie ou d'ailleurs ont fui leur pays pour échapper à la guerre, à la misère ou aux persécutions. La France leur doit protection parce que la Convention internationale des droits de l'enfant et le Code Civil prévoient que, sur sa demande, un mineur peut bénéficier des protections de l'assistance éducative indépendamment de toutes considérations nationales, ethniques ou sociales. Pourtant, une fois pris en charge par les services de l'immigration ou de l'aide à l'enfance de notre pays, ils sont loin d'être au bout de leurs peines...

Dany et Dieu demandeurs d'asile
Vidéo réalisée par la Ligue des droits de l’Homme (2014)
La demande d'asile de Dany et Dieu, 10 et 11 ans, et de leurs parents, Cérif et Judith, a été refusée par la Belgique, pays dans lequel ils sont venus en fuyant le Congo où leurs vies étaient menacées. Ils sont alors venus en France. Et la France les a expulsés vers Bruxelles, par avion privé. Au bout de quelques jours, ils sont revenus en France. Dany et Dieu racontent leur vie de demandeur d'asile sans papier.

Migrants mineurs : comment la France fait face ?
Reportage de Camille Girerd / C Politique, France 5 (2017)
Un an après le démantèlement de la jungle, que sont devenus les migrants ? Ils sont de plus en plus nombreux à se présenter en France pour obtenir le statut très protecteur de mineur. Même des non-mineurs... Résultat : des services débordés, des listes d'attente sans fin, et des "grappes" de jeunes migrants en attente qui traînent dans les grandes villes. Comment l’État prend-il en charge ces migrants ? Où vont les jeunes à qui on refuse le statut de mineur ?

 

Migrants mineurs : ces familles qui les accueillentReportage de Cathy Colin, Daniel Le Floch, Eric Bellamy et Sophie Boismain, France 3 Pays de la Loire (2017)
Des particuliers, des Français choisissent d’héberger des jeunes migrants isolés, pour quelques nuits ou plusieurs mois. Ces jeunes, arrivés pour la plupart d'Afrique disent avoir moins de 18 ans, pour être pris en charge par l'Etat. Pourquoi accueillir chez soi quelqu'un qui n'est en rien lié à nous ? Quelles peurs et quelles surprises ?

 

Boza (sauvetage des migrants par SOS Méditerranée)
Reportage Konbini Originals
Pour les migrants venus d’Afrique, la Méditerranée est la voie principale pour atteindre l’Europe, malgré le danger que représente sa traversée. Selon Médecins sans frontières (MSF), en 2016, au moins 5 000 hommes, femmes et enfants sont morts en tentant de traverser la Méditerranée, contre près de 2 800 en 2015. Depuis mai 2016, L’Aquarius, un navire affrété par l’association SOS Méditerranée, vient en aide aux migrants rescapés. Des reporters de Konbini a passé quinze jours à son bord, à la rencontre de son équipage et des migrants qu’il sauve.

LIVRES

Les migrants de Calais : enquête sur la vie en transit
Sophie Djigo, Ed. Agone, 16 € (2016)
Sophie Djigo est allée sur place rencontrer ces migrants de Calais, ces militants qui les soutiennent, ces populations qui les côtoient. L’ouvrage passionnant qu’elle nous propose combine le reportage, le recueil de témoignages et l’essai réflexif sur une problématique qui salit notre république réputée patrie des droits de l’homme. Pris dans l’étau des violences policières, des attaques de milices d’extrême droite et de la pression des passeurs, ils ont néanmoins pu aménager la solidarité et l’entraide, réunissant des cagnottes pour faire des courses, organisant des surveillances la nuit, assurant des médiations. Pour sortir de l’indignité qui est faite dans notre pays aux migrants, il faut sans doute revenir au principe républicain d’accueil de ceux qui fuient leur pays. La solution pourrait être de créer un statut de migrant en transit et d’utiliser les 150 000 euros dépensés chaque jour pour la surveillance policière, afin d’aménager des structures d’accueil temporaire dignes et respectueuses.

Les ancêtres ne prennent pas l’avion
Pascale Ruffel, Ed. Jeca Seria, 17 € (2017)
Pour accompagner les réfugiés, il faut renoncer à ces idées reçues, à ces poncifs pseudo-culturels et à ces représentations psychologisantes si souvent plaqués sur ces populations. C’est cette expérience que nous livre ici Pascale Ruffel, psychologue au Centre nantais d’hébergement des réfugiés, dans un écrit emprunt de retenue et d’humilité. Tout ce qui semblait aller de soi s’évanouit. Le temps d’avant est comme effacé, oublié, aboli. Ce qui est vécu n’est pas seulement le déplacement, mais aussi l’expérience du hors lieu. Pour l’intervenant, aller vers cet autre qui ne parle parfois pas vingt mots de français, c’est emprunter des chemins diversifiés tantôt balisés, tantôt de traverse. C’est parcourir une cartographie qui ne cesse de se composer et de se recomposer des guerres et des droits de l’homme bafoués, des souvenirs d’enfance, des saveurs et des langues. C’est gérer le déni, l’intellectualisation, la fascination, la culpabilité, la défensive ou le rejet se bousculant en soi. C’est, à travers le dépouillement et la simplicité de la rencontre, (re)trouver le chemin de l’humanisation.

Définir les réfugiés
Michel Agier, Ed. PUF, 9 € (2017)
L’histoire est longue de l’introuvable définition du réfugié. Sans doute parce que ce n’est pas une identité, mais une catégorie institutionnelle construite artificiellement qui se transforme sans cesse, au fils du temps, au gré des priorités politiques nationales et des changements de rapports de force internationaux. L’octroi de l’asile ou de la qualité de réfugié relève bien plus d’une prérogative de l’État qui définit, à un moment donné et pour les raisons qui lui sont propres, une politique migratoire que d’un droit subjectif et universel dont tout individu pourrait se prévaloir. Ainsi, en pleine guerre froide, il suffisait d’être russe, polonais ou tchécoslovaque pour obtenir instantanément un statut de réfugié. Il en fut de même, entre 1979 et 1986, quand la France ouvrit ses frontières à 150 000 personnes fuyant le sud-est asiatique (630 000 dans le monde). Le nombre d’exilés importe peu quand la volonté politique de les accueillir existe.

La fin de l’hospitalité. Lampedusa, Lesbos, Calais. Jusqu’où irons-nous ?
Guillaume Leblanc et Fabienne Burgère, Flammarion, 18 € (2017)
Emmanuel Kant proclamait que la terre n’appartenant juridiquement à aucune nation, ni à aucun individu, personne n’a « originairement plus de droit qu’un autre à un endroit de la terre ». Mais, avec la modernité, les États nations se sont appropriés les territoires, s’arrogeant la prérogative de décider qui doit y séjourner. La migration est déchue de toute légitimité et réduite à une zone de désordre à assécher à tout prix. Elle est devenue la figure de l’altérité radicale repoussoir. Mais, l’hospitalité acculée par le déni, voire transformée en délit subsiste, parce qu’elle est pour partie indécidable. Elle renvoie à une perception de l’intolérable : « nous sommes à ce point saisis à la gorge par une situation inhumaine que nous devenons hospitaliers malgré tout » (p. 85). Et ce sont aujourd’hui de simples citoyens qui apportent les soins appropriés à des vies vulnérables, face à un État préférant la politique sécuritaire à l’accueil universel pour tous, quelles que soient sa provenance, sa couleur de peau et son origine sociale.

Déclarés majeur ! Les tests osseux, alibi « scientifique » de la chasse aux jeunes étrangers isolés
RESF, L’Harmattan, 11 € (2015)
Avec le vote, le 18 novembre 2015, de la loi de Protection de l'Enfance, le gouvernement a légalisé l'usage de l’examen osseux pour attribuer un âge aux mineurs isolés étrangers. De quoi s’agit-il ? C’est une radiographie des cartilages responsables de la croissance en longueur et de l’ossification, qui permet d’évaluer l’âge d’un être humain. Vers 18 ans pour une femme et 19 ans pour un homme, les zones de calcification se rejoignent et fusionnent. De hautes autorités ont donc émis les plus grandes réserves, quant à l’usage de cette méthode : l’Académie de médecine, le Haut conseil à la santé, le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies, le Défenseur des droits, la Commission consultative de droits de l’homme. C’est au mépris des avis médicaux et éthiques les plus éminents, que notre gouvernement et nos députés ont donc validé cette douteuse pratique, légalisant à partir d’une pseudo caution scientifique la chasse aux mineurs étrangers isolés.

Dans la peau d’un migrant. De Peshawar à Calais, enquête sur le « cinquième monde »
Arthur Frayer-Laleix, Ed. Fayard, 18 € (2015)
Le journaliste Arthur Frayer-Laleix s’est grimé, se laissant pousser une barbe dense et sombre, portant une grande tunique et allant même jusqu’à se faire opérer des yeux, le port de lunettes n’étant guère crédible. Commençant par le Pakistan où il se mêle à tous ces candidats à l’exil fuyant la misère, la corruption et les attentats terroristes, son enquête se terminera au tribunal de Boulogne-sur-Mer jugeant les passeurs, en passant par la Bulgarie où cherchant à être interné en centre de rétention, il sera expulsé dans le coffre d’une voiture de police. C’est un trafic de migrants qu’il décrit et non d’être humains, le transport d’hommes marchandises n’ayant pas pour finalité leur exploitation comme prostitués, travailleurs forcés ou esclaves domestiques, mais leur acheminement. Le témoignage qu’il nous livre raconte, de l’intérieur, toute une contre-société qu’il désigne, après le tiers et le quart monde, comme un cinquième monde.

Un roi clandestin
Fahim, Xavier Parmentier & Sophie Le Callenec, Les Arènes, 17 € (2014)
Une communication téléphonique aura scellé le sort de Fahim : celui passé par une auditrice de France Inter à François Fillon, alors premier ministre, invité entre les deux tours de la présidentielle de 2012, de la matinale de la station. Nombreux sont les réfugiés et leurs soutiens qui rêvent d’une solution aussi rapide et spectaculaire. Il est bien plus fréquent que le parcours du combattant imposé par l’administration française se termine par une OQTF : obligation de quitter le territoire français. Par quelle magie, la situation de ce jeune garçon et de son père Nura ayant fui leur Bengladesh natal, où leur vie était menacé, a-t-elle pu se régulariser par l’obtention d’un titre de séjour « vie familiale et salarié » ? La réponse est à chercher du côté du championnat de France d’échecs que venait de remporter Fahim, quelques semaines auparavant. Ainsi notre pays, prompt à rejeter les damnés de la terre, chassés par la misère ou les persécutions, fait bien moins le difficile quand il s’agit de récupérer les talents qui frappent à sa porte.

Les coyotes. Un périple au-delà des frontières avec les migrants clandestins
Ted Conover, Ed. Globe, 22,50 € (2015)
Ted Conover est un journaliste américain. Tout l’oppose à ces Mexicains contraints de migrer aux États-Unis, pour fuir la misère régnant dans leur pays. Pourtant, c’est cette existence qu’il a décidé d’éprouver. Et il convie le lecteur à mener, par procuration, une expérience hors du commun : vivre cette migration, de l’intérieur. D’un côté de la frontière, une main d’œuvre nombreuse, docile et disponible ; de l’autre, une économie avide de ces salariés taillables et corvéables à merci, peu exigeants et payés à bas prix. L’équation est certes universelle, mais sa description au quotidien est loin de l’être. C’est pourquoi ce récit est à la fois passionnant et précieux. Il se dévore, plus qu’il ne se lit. Car, non seulement il est bien écrit, mais son déroulement constitue une plongée sociologique et psychologique dans le quotidien d’une réalité trop peu connue. Ted Conover déploie une tendresse et un attachement infinis pour ces migrants, leur courage et leur profonde humanité. En refermant le livre, on ne peut qu’être envahi par cette même empathie.

Je peux écrire mon histoire. Itinéraire d’un jeune afghan, de Kaboul à Mulhouse
Abdulmalik Faizi, Frédérique Meichler, Nearboz, Mediapop Editions, 16 € (2014)
Ils traversent la moitié du monde pour venir dans nos pays. Chassés par la guerre civile, la misère, la faim ou tout simplement en quête d’un avenir, tant le leur est compromis, ils prennent la route, franchissent les montagnes et traversent les mers. Les récits de ces mineurs étrangers isolés sont rares et donc précieux. Celui que nous propose Faizi Abdulmalik est à la fois surréaliste et étourdissant. À suivre son incroyable périple, depuis son Afghanistan natal où toute sa famille a été massacrée par les Talibans, jusqu’au lycée Charles-Stoessel à Mulhouse, on mesure la force, le courage et la détermination qui lui a fallu pour surpasser les épreuves endurées. Passant de main en main, de réseaux en passeurs, sur terre comme sur l’eau, il a fini par y arriver. Confronté à la rue, Faizi Abdulmalik va bénéficier de la solidarité citoyenne d’hommes et des femmes de bonne volonté pour qui ne pas aider ce jeune venu de l’autre bout du monde n’était pas concevable. Aujourd’hui, il a pu enfin décrocher un titre de séjour, provisoire.

Ceux qui passent
Haydée Sabéran, Ed. Montparnasse, 20 € (2012)
Journaliste à Libération, Haydée Sabéran présente dans ce livre, à la fois émouvant et documenté, le monde des jungles situé face à une Angleterre que tant de réfugiés de la misère veulent atteindre. Bloqués sur la côte d’Opale, entre Calais et Dunkerque, ils tentent de survivre, en attendant un hypothétique passage, dans des campements insalubres improvisés dans les forêts. Leur détermination est sans faille. Craignant d’être identifiés par leurs empreintes digitales, nombre d’entre eux n’hésitent pas à se brûler régulièrement la pulpe des doigts, utilisant pour cela de l’acide sulfurique, des clous chauffés à blanc ou des plaques de cuisson. L’auteur décrit les humiliations imposées par une police qui n’hésite pas à réveiller ces réfugiés plusieurs fois dans la nuit, jetant leurs couvertures dans les flaques d’eau ou les imbibant de gaz lacrymogène, les arrêtant et les relâchant à quarante kilomètres, sans chaussures. Moins leur séjour est confortable, moins ils auront envie de venir, moins ils seront nombreux, pensent les autorités, élevant le harcèlement en stratégie de découragement.

Ils peuvent tuer toutes les hirondelles, ils n’empêcheront pas la venue du printemps. Carnet d’exil de Khairollah
Classe de Bac Pro Aqua et Aline Nevez, Ed. ISETA, 9 € (2017)
L’enfance de Khairollah n’est guère réjouissante. Scolarisé à 7 ans, il lui a fallu trouver du travail dès l’âge de 9 ans, comme tant d’enfants de familles pauvres d’Afghanistan. Lui, cirait les chaussures dix heures par jour. Quand ses deux parents meurent, il trouve à s’employer dans une ferronnerie. Le patron le payait quand il y pensait. L’adolescent décide de s’enfuir. Son parcours est à l’image de tant de migrants, se terrant pour éviter les contrôles, franchissant les frontières clandestinement, frôlant à plusieurs reprises la mort ou la noyade, confrontés à la violence des passeurs et à la répression des policiers. Protégé à son arrivée en France, en tant que mineur non accompagné, il entre en apprentissage à l’ISETA de Haute Savoie. Invité à témoigner de son histoire devant les élèves, il stupéfie ses jeunes auditeurs qui n’auront de cesse, entourés de l’équipe enseignante et de multiples associations, que de publier son récit.

Accédez ici au numéro 188 d'avril 2018 du Journal de l'Animation


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