Animateurs, votons ! Mais pour quoi ?

Il y a maintenant deux mois, le député européen Vincent Peillon (PS) rappelait face à une assemblée de professionnels que l’éducation doit être une démarche globale, partagée et complémentaire. Quede nombreux « acteurs participent à cette action : les enseignants, les parents mais aussi les éducateurs et animateurs des collectivités territoriales et des associations qui interviennent dans les activités culturelles, socioculturelles, d’éducation populaire et de sports ». Mais que, malgré les différentes politiques d’harmonisation mises en place depuis les années 80, il n’existait pas de culture partagée entre ces acteurs et qu’il serait bon de « créer une école supérieure de formation pour assurer en formation initiale et continue ses temps et contenus partagés ».

Arrêtons-nous là ; imaginez un lieu de formation, où les animateurs, les éducateurs et les enseignants apprendraient à se connaître ainsi qu’à partager leurs pratiques et leurs compétences communes. Où chaque professionnel serait [enfin] reconnu à sa juste valeur. L’idée est séduisante et ferait sans nul doute l’unanimité au sein des fédérations d’éducation populaire et des organisations syndicales.

Mais voilà, c’était il y a deux mois, au début de la campagne présidentielle. Aujourd’hui, la réalité a, semble-t-il, avalé l’utopie… Aujourd’hui, les candidats à la présidence évoquent à peine la prochaine réforme des rythmes scolaires qui devrait pourtant engendrer d’importants bouleversements dans le secteur de l’animation, ont oublié [une nouvelle fois] l’idée d’un ministère de l’Éducation populaire. On préfère parler de l’inanité d’un débat télévisuel à dix, des petites phrases assassines que chaque candidat essaye de lancer, chaque jour, à ses adversaires … Les médias sont les rois de cette élection et on pourrait s’en féliciter si l’information n’avait pas été mise de côté dans cette course effrénée au buzz.

Les propositions existent

Heureusement, de nombreux acteurs de l’animation persévèrent encore à faire entendre leurs voix et, surtout, leurs idées. Ils sollicitent jour après jour les différents candidats, et leur soumettent leurs propositions pour une éducation globale, pour la sortie du champ de la concurrence des secteurs de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la petite enfance, pour un véritable Big-bang des politiques jeunesse, pour le sauvetage des colonies de vacances et de la spécificité française en matière d’animation…

La Jeunesse au Plein Air, la Ligue de l’Enseignement, le SEP-UNSA… Voici ceux qui me viennent immédiatement à l’esprit. Bien entendu, il y en a beaucoup d’autres et il y a vous ! Rappelons que les professionnels de l’animation (en se fondant sur les chiffres l’INSEE) sont presque aussi nombreux que les professionnels de l’Éducation nationale. Alors, pourquoi, votre voix semble si peu écoutée ? Pourquoi les questions éducatives, au même titre que les questions économiques, n’ont-elles pas une place de choix dans cette élection présidentielle ? L’importance de l’éducation au sein de notre société aurait-elle disparu avec l’arrivée de la crise ?

Florent Contassot


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