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Carnets d’été : il était une fois ma première colo

04 juillet 2012 Catégorie : Jeunesse Éducation populaire Emploi

Carnets d’été : il était une fois ma première colo
Pour amorcer cette série de reportages au cœur de l’animation en période estivale, laissons la parole à Célia, 17 ans, qui occupera en juillet son premier poste d’animatrice.
« Je m’appelle Célia, j’ai 17 ans et cet été je pars en colonie pour la première fois en tant qu’animatrice. » C’est accrocheur, non, comme réponse à notre invitation à témoigner ? Enfin, moi, j’ai succombé à la fraîcheur de cette jeune femme qui m’a rappelé en à peine quelques minutes la raison d’être des séjours d’été et les fondements de l’éducation populaire. C’est-à-dire, à mes yeux, s’investir totalement sur une durée déterminée pour que des enfants puissent s’épanouir dans le respect les uns des autres. Sans regarder ni la dépense d’énergie, ni la dépense de temps, ni même le montant inscrit au bas de sa feuille de paie. « Quand je me suis mise à chercher un séjour en avril sur Internet, le salaire n’était pas un critère de choix. Toutefois, Viva, l’organisme avec lequel je pars du 14 au 29 juillet, me paie et c’est bien ! Ce n’est pas grand-chose, une vingtaine d’euros à la journée, mais cela sera ma première feuille de paie. »

Pour comprendre cet engagement bien éloigné des débats qui ont secoué le secteur de l’animation ces derniers mois et les raisons qui ont poussé Célia à effectuer sa première colo, il faut remonter à son enfance. « Petite, je suis partie quatre années de suite en colonie avec l’UCPA. On était un groupe de sept amis et tous les soirs, on posait beaucoup de questions à l’animateur. À la fin, on s’est promis qu’on passerait tous notre Bafa… Sur les sept, nous sommes 5 à l’avoir passé. Moi, c’était en avril dernier pour la formation générale et j’ai été agréablement surprise. La semaine a été soutenue et chaque temps de travail avait un but. Je ne m’y attendais pas… »

Puis, comme elle l’ajoute aussitôt, cette formation théorique lui a permis d’acquérir des connaissances tant au niveau de l’animation que de la petite enfance. Ce qui lui sera utile durant son séjour mais qui, elle ne le dissimule pas, ne l’avait pas complètement rassurée. « J’avais peur de ne pas connaître les lieux, l’équipe pédagogique… de ne pas être dans le bain, de ne pas savoir répondre aux questions des parents. »

Un tremplin vers l’animation professionnelle

Heureusement, Célia est partie en week-end de préparation au château de Saint-Fargeau (89) et a eu la possibilité de rencontrer les autres animateurs de l’équipe. « On a travaillé autour du thème du séjour, le Moyen Âge, réfléchi aux veillées et aux grands jeux qu’on allait préparer. Ma première semaine sera consacrée au Seigneur des Anneaux etla deuxième à la guerre de Cent Ans. Et j’ai donné mon avis sur les animations... Au début, c’était difficile car certains animateurs viennent là depuis plusieurs années ; il fallait se faire une place. »

À son retour, une grande partie de ses craintes s’étaient envolées et son enthousiasme s’en est trouvé renforcé, même si la jeune femme reconnaît volontiers que cela ne sera pas tous les jours facile. « J’ai reçu par mail le projet pédagogique de Viva et le détail d’une journée-type, de 7 h à 22 h. Les journées vont être longues et mes parents risquent de ne pas me reconnaître à l’arrivée. Clairement, je sais que je vais donner de ma personne… J’attends beaucoup de cette première expérience. Elle me permettra de savoir si je continuerai dans l’animation plus tard et, pourquoi pas, passerai un diplôme professionnel pour en faire mon métier. Si cela me plaît, l’année prochaine, je partirai plus longtemps. Peut-être un mois, et je verrai si je recommence avec le même organisme ou si je travaille dans les centres à côté de chez moi. »

Célia s’est donné les moyens de réaliser son envie, mais elle n’a pas pour autant perdu de vue son principal objectif : découvrir l’autre côté du miroir, celui qui l’a fait tant rêver quand elle était en colonie, enfant. Alors, à tous les directeurs : prenez soin de toutes les Célia que vous croiserez, encadrez-les comme il convient et donnez-leur l’opportunité de réaliser un peu de leurs souvenirs d’enfance.

Florent Contassot

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