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Refondation de l’école : 4 heures d’animation par semaine en primaire

19 octobre 2012 Catégorie : Jeunesse Éducation populaire Ministères et institutions Vie associative

Refondation de l’école : 4 heures d’animation par semaine en primaire – Photo © Estelle Perdu

4 heures seront vraisemblablement dédiées aux activités sportives et culturelles à l’école chaque semaine, dès la rentrée 2013.

« Le ministre nous a assuré qu'en primaire, la journée comportera cinq heures de temps scolaires et se terminera à 15h30. À cette journée est ajoutée une heure pour finir à 16h30. Cela représente donc quatre heures par semaine. Sur ces quatre heures, 2h30 sont à la charge de l'Éducation nationale et 1h30 à la charge des collectivités », a détaillé Marc Fesneau, élu de l'AdCF (Assemblée des communautés de France) et président de la communauté de communes Beauce et Forêt (Loir-et-Cher), à la sortie d'une concertation avec le ministre de l'Éducation nationale, Vincent Peillon, le mercredi 17 octobre 2012. Pierre-Yves Jardel, maire d'Orbais-L'Abbaye (Marne) en charge du dossier éducation à l'AMF (Association des maires de France), a confirmé cette répartition horaire.

Marc Fesneau qualifie cet entretien (auquel participaient également les représentants de l'ADF, l'ARF, l'AMRF et l'AMGVF) de « tour de table, d'échange de points de vue. Il n'y a pas eu de décision de la part du ministre mais quelques précisions. » Selon lui, la discussion entre collectivités et ministère « va se poursuivre » mais Marc Fesneau n'évoque pas pour autant de date précise. Le projet de loi d'orientation et de programmation pour l'école doit passer devant le Conseil d'État « dans 15 jours ».

Faut-il ouvrir les cantines le mercredi ?
Les élus « craignaient d'être largement appelés à financer, à construire beaucoup. Or, nous n'aurons qu'une heure et demie à assurer par semaine. Nous sommes rassurés car cela va coûter moins d'argent », a indiqué Pierre-Yves Jardel.
Au sujet de ce surcoût, Marc Fesneau cite « le problème des cantines, la garderie et les transports scolaires ». Pour ces derniers, la réforme entraînerait « une hausse des coûts de 25 % », chiffre-t-il. « Quant à la restauration scolaire, il faut voir comment on l'évalue. Cela dépend de ce que l'on décide. Faut-il par exemple, ouvrir les cantines le mercredi midi ? », interroge-t-il. Sur cette question, une coordination s’impose bien évidement avec les accueils collectifs de mineurs, qui prendront le relais de l’école le mercredi après-midi.

Comment recruter des animateurs en milieu rural ?
Sur la question du recrutement des animateurs chargés des activités sportives et culturelles, Marc Fesneau souligne que « tous les territoires ne sont pas au même niveau, il y a une vraie rupture entre rural et urbain. Dans beaucoup de grandes villes, dès que l'on dépasse les 30 000 à 50 000 habitants, les dispositifs existent et sont importants. Mais ce n'est pas le cas des petites communes, qui se limitent à leur strict champ de compétences, car elles n'ont pas les moyens de faire plus ». De même cette disparité rend les territoires ruraux moins attractifs. « Il est donc plus difficile pour eux de recruter des animateurs », souligne Marc Fesneau. Aussi, l'élu évoque « la possibilité de mettre en place des mutualisations, de recruter des animateurs se déplaçant sur plusieurs regroupements pédagogiques. »

Pour Pierre-Yves Jardel, le recrutement des animateurs va représenter « un gros travail ». « Ces animateurs, je ne les trouverai jamais dans le milieu rural », s'inquiète-t-il. « Il va falloir trouver des personnels, il va falloir qu'on les forme », indique-t-il. Pour autant, « même si cela va prendre du temps, c'est un engagement que nous prenons. Car donner aux élèves une heure d'activités sportives ou culturelles intéressantes, leur permettre de ne plus avoir de devoirs à faire à la maison, cela va leur permettre de vivre mieux ».

Ne pas rigidifier le système
Pour lui, il convient également « de ne pas rigidifier les choses avec la mise en place d'un nouveau dispositif. Au contraire, il faut l'insérer dans ce qui existe déjà. Aujourd'hui dans la communauté de communes de Beauce et Forêt, l'animateur sportif travaille avec huit à dix classes. J'ai peur que si l'on rigidifie le système en mettant le sport après 15h30, cela ne soit plus possible qu'avec quatre classes », illustre-t-il.
« Avec l'AMRF, nous avons également alerté le ministre sur le fait que si l'on veut renforcer l'interaction entre l'école, les collectivités, les équipements sportifs et culturels, il faut assouplir les règles », indique Marc Fesneau. « Car dès que l'on transporte des élèves, c'est le parcours du combattant. Les règles de l'Éducation nationale sont très restrictives », s'inquiète-t-il.

On le voit, de nombreuses questions restent à trancher en un délai très court. Souhaitons pour autant que les arbitrages ne seront pas rendus dans la précipitation, et qu’ils prendront en compte l’avis des représentants des mouvements d’éducation populaire, que Vincent Peillon doit rencontrer prochainement.

DJ avec AEF

Commentaires (2)

  • RODRIGUEZ HELENE

    RODRIGUEZ HELENE

    24 octobre 2012 à 17:49 |
    C'est avec beaucoup d’intérêt que je viens prendre connaissance de cet article.
    Directrice d'ALSH et de centre de vacances depuis 25ans, je pense que mes interrogations parleront à beaucoup d'entre nous.
    Si l'école ouvre le mercredi matin:
    Que faites vous du travail éducatif que la DDCS et la PMI nous demande sur l'année?
    Ne pas oublier que nous ne sommes pas une garderie...
    Comment vont faire les parents qui travaillent et qui n'auront personne pour faire le lien entre l'école et L'ALSH? Car tous les ALSH ne sont pas dans les locaux de l'école(heureusement d'ailleurs)
    Comment vont être revu les postes du personnel professionnel actuel en terme de changement de profil de poste?
    Que fait on des clubs sportifs ou culturels qui accueillent nos enfants le mercredi?
    A t-ont calculé le cout pour une municipalité ou pour une association, en terme de recrutement?
    Déjà que nous avons de gros soucis pour pérenniser des postes.
    Un peu d'humour: Nous on ne fait pas gréve,on fait partie de l'éducation populaire, nous avons la foi! mais on devrait...Faire gréve.

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  • cd

    cd

    06 novembre 2012 à 14:06 |
    En tant qu'enseignante en école primaire, je m'étonne du manque de réaction des collectivités et des animateurs. Pourquoi tout le monde se pose des grandes questions sur comment s'adapter à ces éventuels changements dans les rythmes scolaires plutôt que de s'opposer aux propositions du ministre ! Je suis partante pour faire grève ! Aucun syndicat enseignant n'en parle...

    Répondre

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