Carnets d’été - La forêt qui rêvait de plus d’enfants

« Nous fermons maintenant le centre d’hébergement durant l’hiver, de novembre à février. C’est un impératif financier, nos locaux sont spacieux [119 lits] et les chauffer revient vite cher. » Jérémy Foret a 35 ans ; il est titulaire d’un BTS agricole et d’un DU d’accompagnateur nature et loisirs en milieu forestier et il occupe depuis deux ans le poste de directeur de l’espace nature de Fontbonne, un ancien pavillon de chasse situé dans le Tarn, en lisière de la forêt de la Grésigne sur le Causse nord-ouest. « Nous ressentons une réelle baisse de fréquentation ces dernières années, je dirais d’environ 30% ; comme ce qui a été relevé, il me semble, au niveau national. Nous ne l’expliquons pas vraiment, même si des hypothèses se dessinent au fil du temps : la conjoncture économique, la baisse des subventions et des aides publiques, la lourdeur administrative des dossiers pour partir en séjour, etc. Beaucoup de groupes qui disent arriver à une vingtaine ne sont qu’une dizaine au final... »

« Nous essayons de remédier à cette situation, en diversifiant nos formules (de la gestion libre à la pension complète, en passant par la formule week-end, le séjour trappeur…) et en proposant plus d’offres en direction des particuliers. Nous cherchons à être aussi attractifs que possible, tout en proposant des prix raisonnables. » Le public fréquentant ce centre était il y a peu largement (80%) composé de scolaires et d’enfants venant en séjour de vacances ou en mini-séjour. Aujourd’hui, ce chiffre s’est rééquilibré : la structure accueille autant de particuliers (cousinades, clubs sportifs, séminaires, randonneurs, etc.) que de groupes d’enfants.

Des activités à la carte, un animateur sur site et des ressources

« Même si nous avons été par le passé un organisateur de séjours, nous nous posons aujourd’hui en hébergeur. Il n’empêche que nous avons sur place de manière permanente un animateur nature. Il est là pour apporter un plus et demeure à disposition des groupes : il propose par exemple des outils méthodologiques (enquête nature, chasse aux trésors, fiches techniques sur l’environnement, la faune et la flore…) mais il peut également organiser des promenades et des activités de découverte si besoin. Les groupes sont au courant : on leur dit "Il y a des outils, des ressources, servez-vous !" Libres à eux de les utiliser ou de demander la venue de l’animateur.»

On ajoutera que l’espace nature de Fontbonne est en relation avec des prestataires de services agréés par l’Éducation nationale et la DDCSPP [pour certains, d’anciens employés de cette structure passés sous le régime de l’auto-entreprise]. Ils sont capables de proposer à tous, enfants comme adultes, des activités spécialisées, telles l’escalade (il y a une belle via ferrata à une petite vingtaine de kilomètres), la spéléologie, la pratique du canoë, etc. « Nous sommes aussi en contact avec un conteur, et proposons toujours à la carte sur le site et alentours du tir à l’arc, des sorties à VTT, des activités autour des arts du cirque… »

Ce centre refuse de jouer la seule carte d’hébergeur : il offre de véritables services et un accompagnement pédagogique. « Il est important pour nous d’être en contact avec nos clients : c’est la base de notre métier, sans compter qu’on les invite à découvrir un lieu, un paysage forestier féerique, on se croirait dans une image d’Épinal avec le grand méchant loup prêt à surgir à tout moment… C’est pourquoi on propose à ceux qui ne les ont pas prévus des services de transport, car nous sommes vraiment en pleine nature. »

Ancré dans le paysage local

L’espace nature de Fontbonne travaille par ailleurs avec l’Éducation nationale et la DDCSPP, et multiplie les réflexions avec d’autres centres du département pour diminuer par exemple le coût des transports (on se regroupe ?). Comme il a travaillé sur les gaspillages alimentaire et énergétique, parce que c’est une démarche citoyenne et que cela permet également de réduire les coûts de fonctionnement. Jérémy Foret ne cache pas toutefois la chance du centre en cette période. « Nous parvenons à garder la tête hors de l’eau, ce qui n’est pas le cas des structures situées dans les environs. Il y en avait quatre : nous sommes deux à tenir, une autre est en mauvais état et la dernière a disparu. »

Florent Contassot


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