Carnets d’été : les accueils collectifs de mineurs sous la surveillance des CEPJ

Il est surprenant à l’heure où les informations se succèdent à vitesse grand V, où chacun gazouille à tout-va et relate sur sa page facebook ses actions et émois quotidiens… de se heurter à des règles de communication strictes, comme celle qui interdit à un fonctionnaire d’évoquer son travail sans la présence de son supérieur et d’un membre du service communication. Malgré l’envoi à répétition aux services idoines de demandes d’interview en bonne et due forme… Heureusement, il existe des conseillers d’éducation populaire et de jeunesse (CEPJ) engagés et prêts à nous parler, en catimini, de l’été qu’ils viennent de passer.

Le repos, un faux problème ?

« Pendant la période estivale, nous assurons la continuité des missions que nous remplissons tout au long de l’année scolaire. On y ajoute cependant des missions spécifiques, comme les inspections et les évaluations des accueils de mineurs ainsi que les éventuelles gestions de situation de crise. » C’est parfait ; d’emblée, nous entrons dans le vif du sujet : les contrôles des ACM et, par extension, la mise en place du repos des animateurs. « Selon les instructions, nous devons contrôler 15 à 20 % des structures de notre département. En vérité, faute de moyens humains, nous sommes plus proches des 10-15 %. »

Il est vrai que les CEPJ ne sont pas légion dans les directions départementales de la Cohésion sociale (DDCS), et que la multiplication de leurs missions ne leur permet pas de monter sur tous les fronts. C’est pourquoi une circulaire de juin 2011, dit que « tout agent d’une DDCS placé sous l’autorité du préfet de département » est habilité à contrôler un ACM. Sans formation préalable, ni qualité administrative particulière. « Même la secrétaire à l’accueil de la DDCS peut être chargée d’une telle mission ! » Ce qui, au final, peut surprendre quand on sait que ces agents « s’assurent de la qualité éducative des accueils collectifs de mineurs en réalisant des évaluations, sur place et sur pièces ».

Mais bon, ne nous égarons pas et intéressons-nous au repos des animateurs. « Nous ne sommes pas là pour vérifier la viabilité des aménagements apportés au CEE. Nous nous focalisons, conformément aux instructions, sur les conditions d’encadrement et de sécurité. Toutefois, j’ai constaté que des difficultés de mise en œuvre du repos apparaissaient surtout pendant les mini-camps. On nous a aussi sollicités sur l’effectivité des repos… C’est-à-dire sur comment cela se passe quand le directeur est en repos ou quand il est en fonction pendant l’intégralité des mois de juillet et août ? De même, généralement, il n’y a qu’un seul animateur qui est autorisé à conduire le véhicule de location, alors lorsqu’il est en repos, des problèmes de logistique se posent... De manière plus globale, la mise en place du repos a généré des tableaux de présence complexes. »

La vérité est ailleurs

Cependant, comme le suggèrent les conseillers interrogés, ils n’ont pas cherché la petite bête cet été et, par exemple, ne décomptaient jamais de l’effectif global l’animateur désigné pour remplacer le directeur en repos. « On dira que cette réforme n’est pas compliquée et/ou coûteuse à mettre en œuvre, surtout dans les grosses structures, et qu’au final, nous n’avons pas compris l’inflation du prix de certains séjours. Peut-être était-ce dû à une augmentation des coûts des prestataires de services ? »

Pour les CEPJ, les vraies questions sont ailleurs… Elles vont toucher aux retards récurrents de la SNCF et à la désaffection massive des organisateurs pour les transports ferroviaires, ou à la tenue et à la qualité des séjours qui continuent à se déstructurer au fil des années. « Il n’existe qu’un seul diplôme et tous les organisateurs ne font pas nécessairement des efforts. Certains profitent même de la situation et embauchent des cabinets privés pour optimiser la gestion des emplois du temps des animateurs. De plus, je ne vois pas comment, matériellement, il nous serait possible aujourd’hui de labelliser les organismes susceptibles d’accueillir des CEE… » Oui, la possibilité de restreindre l’embauche des CEE à des structures remplissant des critères spécifiques est toujours, semble-t-il, d’actualité. Et cette question risque, une nouvelle fois, de faire couler de l’encre.

Florent Contassot

 

PS : Les carnets d’été prennent aujourd’hui fin, avec l’approche de la rentrée scolaire. La rédaction du Journal de l’Animation remercie tous les animateurs qui ont répondu favorablement à notre appel à témoignages et qui nous ont accordé un peu de leur temps, parfois durant leurs vacances.


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