Carnets d'été : "Une colo préhistorique en Ardèche"

"Les enfants que nous accueillons ont véritablement opté pour ce séjour en fonction de leur passion", souligne Élodie Pradines. "Ils adorent la préhistoire, les dinosaures, et ont tous très envie de découvrir la caverne du Pont d’Arc. D’ailleurs certains sont venus avec des livres sur leur période favorite !"

Au centre des activités, la préhistoire se décline sous bien des formes, et en cerise sur le gâteau, il y a la visite de la caverne du Pont d’Arc. Il s’agit de la réplique de la grotte Chauvet, classée au patrimoine mondial de l’Unesco pour ses gravures et peintures d’animaux (lieu interdit au public afin de veiller à sa conservation).

Rhinocéros laineux, mammouths, mégacéros et autres bisons des steppes naturalisés permettent de découvrir l’environnement, la faune et la flore connus des hommes et des femmes qui vivaient sur le territoire de la caverne il y a 36 000 ans. À cette époque, la survie de l’espèce impose de se protéger des bêtes sauvages et aussi de les chasser.

À travers un parcours muséographique ludique et interactif, les petits visiteurs appréhendent une période-clé de l’Humanité selon trois angles : la vie de nos ancêtres préhistoriques, l’Ardèche il y a 36 000 ans, et surtout l’art pariétal. À noter que la caverne du Pont d’Arc est le seul lieu en France et un des rares au monde qui traite de cet art des origines.

Hébergement original

Pour encadrer les 10 enfants de la session du 6 au 19 juillet, Élodie Pradines dispose de deux animateurs. Un second séjour aura lieu du 20 au 31 juillet (avec sept jeunes). Élodie est la directrice des séjours. Voilà maintenant trois ans qu’elle officie dans le monde de l’animation. Elle est d’ailleurs permanente sur le site du hameau du Viel Audon.

"Le site n'est accessible qu'à pied, ce qui en fait une petite bulle de nature, de préhistoire, explique-t-elle. Nous avons des grottes autour, les enfants y sont allés et nous avons retrouvé des ossements d’ours des cavernes ainsi que d'autres vestiges du paléolithique supérieur."

Le séjour se déroule en bord d'Ardèche, avec comme seul accès possible un chemin muletier de 300 m.

Niché à l’entrée des gorges, au bas des falaises calcaires, dans un site préservé, le hameau du Viel Audon a été réhabilité depuis une vingtaine d’années. Plus de 11 000 volontaires ont participé à la reconstruction du site, dont certains ont choisi d’en devenir les habitants. La ferme (animaux, vergers et jardins maraîchers) est un exemple de gestion durable et raisonnée des ressources sur un territoire de garrigue. Agriculture, accueil, éducation, animation, formation sont les bases du développement du projet de l’association Le Mat, où les modes de vie et les choix de consommation nourrissent la réflexion et la pédagogie.

Les jeunes sont logés au gîte du hameau. Côté cuisine, en harmonie avec les valeurs développées sur le site, l’équipe met l’accent sur les filières courtes qui favorisent les approvisionnements locaux.

 Apprentissage de la vie collective

Le séjour est proposé par l’association Temps Jeunes. Fondé sur l'intérêt social et éducatif du séjour de vacances, cet organisme a étendu son expertise aux accueils de loisirs, aux classes de découverte, à la formation d’animateurs et directeurs (Bafa / Bafd) et à la gestion de structures d'accueil. Temps Jeunes souhaite permettre à tous, dans une volonté de mixité sociale et culturelle, de participer à des activités éducatives de qualité, favorisant le développement harmonieux de leur personnalité et l’accession à l’autonomie. L'association favorise la participation et la prise de responsabilité de chaque adhérent, adulte ou mineur, par l’apprentissage de la vie collective et de la démocratie.

Refusant tout dogmatisme spirituel, politique ou religieux, mais soucieuses de cohérence éducative, les équipes mettent en œuvre, dans leur projets pédagogiques, des objectifs éducatifs comme découvrir le plaisir de vivre ensemble et d'être solidaire, grandir en ouvrant sa vie à l’imagination, la création et l’étonnement, développer la conscience de ses libertés et se construire des repères.

Les animateurs préparent les jeunes aux règles de vie en société, à prendre des responsabilités, à être attentifs à leur santé et à celle des autres, mais également à agir pour l’environnement.

Parcours initiatique

Le matin, les jeunes pratiquent la baignade à la petite plage du hameau située à 50 mètres. C’est pour eux l’occasion de découvrir la faune du cours d’eau.

"Au niveau de la pédagogie du projet, les enfants sont les cinq premiers jours en immersion », explique la directrice. Ils rencontrent Ayla, une femme préhistorique qui va leur faire passer des défis pour appréhender diverses techniques comme donner vie au feu, cuisiner avec des plantes, réaliser des peintures rupestres, ou encore s’orienter en fonction du soleil, et trouver des fossiles."

Les jeunes apprennent au passage à vivre ensemble et à demeurer à l’écoute les uns des autres.

"Ils doivent en outre écouter les animaux et les identifier. Après tout ce parcours initiatique, ils se rendent à la caverne du Pont d’Arc. Par la suite, ils doivent opter pour un animal totem, ce qui orientera leurs activités afin de réaliser une chasse au trésor. Tout en confectionnant leur déguisement d’homme préhistorique, ils vont mettre sur pied un spectacle de fin de séjour en vue de transmettre ce qu’ils ont appris."

Au-delà des costumes de peaux de bêtes, de la construction d’arcs et de la réalisation longues fresques murales composées de mammouths, de lions et de rhinocéros avec les animateurs, les jeunes du XXIe siècle finissent tout de même par retrouver l’univers contemporain au travers des jeux et des veillées. Une manière aussi de composer leur propre histoire.

Alexandre Verguet


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