Collectif Camps colos : "Il y a urgence à penser demain !" – Photo © Laurence Fragnol

Collectif Camps colos - Il y a urgence à penser demain !

"Pour penser demain, il ne faut pas mourir aujourd’hui.", "C’est la capacité financière de notre structure qui est ainsi anéantie.", "C’est la prière pour un prêt ou la fermeture."… Les constats alarmants et les appels à l’aide des organisateurs de séjours, comme des organismes de formation à l’animation volontaire, ne cessent aujourd’hui de se multiplier. En toute logique puisque la crise sanitaire, économique et sociale s’est installée dans le temps et que, pour le secteur de l’animation, c’est un tableau très noir qui se dessine.

Une crise sanitaire et économique

"Les inquiétudes économiques sont réelles au sein de nos structures qui ont déjà des trésoreries tendues en temps normal", remarque Arnaud de Béchevel, administrateur de l’association Vitacolo et membre du collectif Camps Colos. "Dès le premier discours d’Emmanuel Macron, nous avons constaté un arrêt au sein de nos activités et notamment des inscriptions pour les séjours des vacances de printemps et d’été. Le constat a été collégial au sein des membres du collectif. Puis il a été interdit d’organiser des séjours et de poursuivre les sessions de Bafa-Bafd."

L’arrêt de l’activité a cette fois été total et les structures dotées de salariés n’ont eu d’autres choix que de recourir au chômage partiel mis en place par l’État. "C’est une mesure qui va dans le bon sens mais ne résout pas le problème. Beaucoup de structures n’ont que peu ou pas de salariés. Ensuite, tous les animateurs en CUI-CAE, en contrat saisonnier… sont également impactés puisqu’ils n’y ont pas droit. Cette mesure n’aide aussi en rien les structures qui existent uniquement grâce au bénévolat."

Pour parachever le tout, le sésame qu’aurait pu être le prêt garanti par l’État (PGE) est difficilement accessible aux organisateurs de séjours et aux organismes de formation à l’animation volontaire. "Quand on interagit avec les banques, on nous explique clairement que nous ne sommes pas des modèles économiques dits solides. Plusieurs d’entre nous ont factuellement essuyé des refus alors que d’autres attendent encore une réponse car leurs interlocuteurs leur expliquent qu’il y a d’autres priorités plus urgentes."

Des propositions d’actions pour survivre

"Ces raisons nous ont poussés à interpeller dès les premiers jours d’avril le ministre et l’ensemble des pouvoirs publics sur la situation que nous vivons, sur les conséquences immédiates et à court terme. Nous leur avons envoyé une lettre ouverte accompagnée de propositions d’actions concrètes."

Pour le collectif Camps Colos, il faut impérativement que l’État s’engage pour empêcher la disparition rapide et prochaine de nombreuses petites structures d’animation. En soutenant financièrement les familles qui souhaitent envoyer leur(s) enfant(s) en séjour et, bien entendu, l’économie du secteur et les trésoreries via notamment le déblocage d’une aide financière immédiate et la création du fonds pérenne d’aides et de soutiens aux associations. "Nos propositions se veulent pratiques et en accord avec le terrain. Je pense à la mise en place d’une aide plus universelle de la CAF pour cet été et de politiques tarifaires spécifiques aux organisateurs de séjours pour la SNCF et les compagnies d’autocars publiques… Mais aussi au maintien du versement des participations des collectivités territoriales même si la prestation n’a pas eu lieu et à la mise à disposition gratuite par les collectivités de terrains pour faciliter la tenue des camps nature", précise Arnaud de Béchevel.

Ces propositions d’action sont maintenant sur la place publique et prêtes à être discutées. "Elles ont été pensées dans l’urgence et sont sûrement perfectibles. Ce sont des pistes de sortie de crise que nous avons essayé là de construire." Et l’appel semble avoir été lu par Jean-Michel Blanquer et Gabriel Attal puisque tous deux ont évoqué dans leurs interventions, ces jours derniers, un possible soutien aux organisateurs de séjours. Sans pour autant annoncer de mesures concrètes et fortes : "Je ne sais pas lire dans l’avenir et je ne suis pas sûr que le confinement sera terminé cet été, il faut donc dès aujourd’hui agir." L’animation du monde d’après en dépend.

Pour tout contact : https://c3.frama.site - collectifcampscolos@framalistes.org

 


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