Déconfinement : périscolaire, colos, écoles ouvertes… les annonces et les silences de Blanquer – © Capture LCI

Déconfinement : périscolaire, colos, école ouverte… les annonces et les silences de Blanquer

Est-ce que l’école, quand et où elle reprendra, sera obligatoire ? "Oui, l’école est obligatoire", a répondu Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse sur LCI le 15 avril. Il a aussi rappelé que la réouverture des établissements scolaires à compter du 11 mai sera "progressive" et insisté sur l’importance d’avoir "un dialogue avec les familles sur le moment auquel les élèves reprennent et sur la façon dont [la reprise] doit se passer".

Reprise des activités périscolaires

Le ministre a souligné que, "pendant assez longtemps, on sera dans un mix entre l’enseignement à distance et la possibilité d’être présents à l’école". Au Sénat, il a précisé que "nous veillerons bien entendu à la sécurité sanitaire de tous, professeurs et élèves. Cela passe par un travail avec les collectivités locales sur le nettoyage, les équipements, l'éventuel port du masque, etc. Tous ces éléments seront annoncés par le Premier ministre dans moins de deux semaines."

Interrogé par Laurent Lafon, sénateur du Val-de-Marne, sur la réouverture des activités périscolaires, Jean-Michel Blanquer a expliqué que l’"objectif est d'accompagner les élèves jusqu'à fin juin, mais selon des modalités inédites, qu'il nous faut inventer. Ce ne sera plus la classe comme avant. L'objectif est d'ouvrir tous les bâtiments scolaires d'ici fin juin. Nous souhaitons aussi la reprise des activités périscolaires pour soulager les écoles en réduisant le nombre d'élèves présents en classe. J'étudie avec ma collègue en charge des Sports les activités sportives qui pourraient être proposées, dans le respect des règles sanitaires." Rien en revanche sur la Jeunesse, dont il a pourtant la charge.

Colonies de vacances "très éducatives" et "écoles ouvertes"

Le ministère prévoit par ailleurs plusieurs mesures d’accompagnement des élèves pendant les vacances d’été. D’abord des colonies de vacances "très éducatives" qui auraient pour objectif de remettre à niveau les jeunes les "plus éloignés de l’école", à savoir "les jeunes de 3e professionnelle, de CAP ou seconde bac pro", comme l’a expliqué le syndicat Snetaa-FO à l’issue d’une audience avec le ministre, le 25 mars. Les élèves y suivraient une remise à niveau "la moitié du temps" et des "activités de vacances" le reste du temps. Jean-Michel Blanquer envisage-t-il d’étendre ces "colos" à d’autres publics ? Seront-elles obligatoires ? Seront-elles gratuites ? Il ne l’a pas précisé.

Il a en revanche annoncé la généralisation du dispositif "École ouverte" (appliqué depuis presque une trentaine d'années dans certains collèges et lycées…) dans toute la France du 4 juillet à la fin août. "Les bâtiments seront ouverts et proposeront des activités au quotidien pour qu’aucun enfant ne soit confiné pour des raisons sociales" durant l’été, a-t-il assuré.

Éducatif ne signifie pas uniquement scolaire

Que penser de ces annonces ? Rouvrir les accueils périscolaires en même temps que les écoles semblait une évidence, mais cela n’avait jusqu’alors pas été précisé. Il semblerait qu’on s’oriente vers un partage des élèves entre scolaire et périscolaire, afin de diminuer la taille des groupes. Mais cela restera à confirmer, tout comme la manière dont tout cela peut s’organiser.

Promouvoir l’idée de "colonies de vacances très éducatives" pourrait prêter à sourire, si elle n’était pas aussi déconnectée de la réalité et révélatrice de la vision hégémonique du ministre de l’éducation nationale sur l’éducation populaire. "Éducatif" ne signifie pas forcément "scolaire", on apprend aussi en dehors de l’école, dans les accueils de loisirs, les séjours de vacances, les activités associatives… Que seront ces colos "très éducatives" et par qui seront-elles encadrées ? Que deviendront les colos classiques durant cet été ? Pourront-elles simplement avoir lieu ? Quel soutien sera apporté aux associations qui les organisent et qui se trouvent en très grande difficulté, comme l’a signifié le collectif Camps Colos la semaine dernière ? Sur ces points, silence radio.

Écoles ouvertes… pour qui, par qui ?

Pas un mot non plus sur les modalités de généralisation du dispositif "École ouverte", sur le public concerné, ni sur leur complémentarité et le risque de concurrence avec les accueils de loisirs classiques, dont on ne sait d’ailleurs toujours pas s’ils pourront ouvrir cet été… Qui encadrera ces activités ? Des enseignants volontaires, des jeunes dépêchés dans le cadre du Service national universel, des animateurs… ?

"Animateur", un mot que le ministre n’a pas prononcé une seule fois au cours de ses nombreuses prises de parole. Comme le triste révélateur d’un manque de considération flagrant pour tous ceux qui se démènent, créent, innovent depuis le début du confinement pour maintenir le lien avec leurs publics ou accueillir les enfants des personnels soignants ou indispensables à la gestion de la crise, dans des conditions difficiles. Pas un mot non plus pour tous les acteurs du secteur qui se trouvent dans une situation précaire en raison de la fermeture des ACM et de l’annulation des sessions de formation des vacances de printemps.

Le ministre l’a martelé plusieurs fois : c’est par la concertation que seront définies les mesures appliquées à la fin du déconfinement. Prenons au mot M. Blanquer, rappelons-lui que la Jeunesse fait aussi partie de ses prérogatives, et souhaitons que les animateurs, leurs représentants syndicaux, les mouvements d’éducation populaire… soient largement associés à cette concertation !


Commentaires (3)

  • anon

    Bonjour,
    Comment faire exister ce métier? Les anim sont les oubliés mais sont nécessaires au bon fonctionnement de cet société.
    Ma question est comment se faire entendre quels leviers avons nous?

    Je suis prête à agir mais comment?
    Serait il temps d'élever un peu plus la voix?

    Nathalie

    avr 17, 2020
  • anon

    C'est là qu'on se rend compte de l'importance de notre métier... non reconnu et sous évalué... Il serait peut être temps de nous reconnaître nos animateurs à leur juste valeur.

    David

    avr 20, 2020
  • anon

    Triste réalité sur un domaine complètement oublié des autorités. Des branches d'activités "utilisées" au service de l'éducation formelle, et non pour ce qu'elles sont, une réelle forme d'éducation, l'éducation non formelle (Activités ou programmes organisés en dehors du système scolaire, mais dirigés vers des objectifs précis d'éducation). Il existe plusieurs formes d'éducation primordiales et essentielles au bon développement de l'enfant et des jeunes et c'est cela même qui constitue l'éducation tout au long de la vie tu en retires une et le système se dérègle. Un animateur n'est pas un "gardien d'enfant" en attendant que son enseignant ou professeur puisse le prendre en classe. Le monde de l'animation à besoin de moyens, de formations pour des jeunes passionnés, de reconnaissance aussi. Le monde associatif, les principes de l'éducation populaire sont oubliés, bafoués et relégués comme depuis de nombreuses années au rang de béquille... D'amuseurs de galeries, de clowns et de faiseurs de pâte à sel (et oui l'éducation passe aussi par les arts du cirque et la manipulation de matière pour développer la créativité l'important n'est pas ce que tu fais mais comment tu le fais) ou seules les miettes d'euros qui restent au fond d'un tiroir sont distribuées ça et là pour satisfaire des besoins amalgamés de "garderie". Les MJC, ALSH, foyers de jeunes, séjours de vacances sont autant de leviers qui OUI permettent également aux "décrocheurs" (bien que cette expression me fasse vomir, décrocheurs de quoi ? d'un système qui ne leur est pas adapté ? d'un fonctionnement élitiste ?) de sortir de leurs quotidiens sordides. Honte à ce système

    avr 20, 2020
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