Fête nationale de la jeunesse

"On va restaurer la fête de la jeunesse. Elle sera un moyen de faire tomber les clichés sur la jeunesse. C'est une manière de lui rendre hommage. Cette fête se tiendra dans un endroit emblématique pour les jeunes qui permettra également de fêter les un an du service civique", a annoncé mardi 15 février 2011 Jeannette Bougrab sur Fun Radio lors de l'émission "Karel Libre antenne".
La secrétaire d'État à la Jeunesse et à la Vie associative a affirmé que "le travail sur le projet de fête de la jeunesse […] est en cours avec les différents partenaires de cet événement" et que "les éléments de calendrier ainsi que le lieu de cet événement seront précisés ultérieurement".
Cette fête doit être un moyen de mettre en valeur l'engagement des jeunes, selon Jeannette Bougrab. Au cours de cette fête, un concert gratuit, notamment avec des musiques urbaines sera proposé.

Le service civique, un "plus" à l'embauche
Jeannette Bougrab a annoncé également la signature entre son secrétariat d'État et l'Agence du service civique de "conventions avec des grands groupes comme Axa, EDF ou Casino, qui s‘engagent à dire qu'ils prendront en compte et considéreront comme un plus à l'embauche le fait d'avoir fait un service civique". Près de 8000 services civiques ont été signés en 2010, et l’objectif du ministère est d'en proposer 15 000 cette année.
Enfin, des propositions pour favoriser la mobilité des jeunes doivent également être faites. "II faut améliorer la possibilité des jeunes d'aller vers l'emploi", a déclaré Jeannette Bougrab. Elle estime que si un jeune a un "job à vingt kilomètres de son domicile", il faut faciliter sa mobilité. Le 18 janvier 2011, Jeannette Bougrab avait fait part de sa volonté de lancer "un grand plan pour le permis de conduire des jeunes" dans le cadre du Fonds d'expérimentation jeunesse.
Insuffisant pour le SEP-Unsa
"L'idée de 'faire tomber les clichés sur la jeunesse' dans le contexte actuel n'est certes pas inutile. L'objectif de 'mettre en valeur l'engagement des jeunes' et de 'rendre hommage à la jeunesse' n'est pas condamnable en soi, mais il ne suffit pas à faire une politique" de la jeunesse, a réagit jeudi 17 février le SEP-Unsa. Selon le syndicat, cette fête est un "cache misère" dans "un contexte budgétaire si tendu que des dispositifs tels que 'Défi jeunes', justement destinés à valoriser l'engagement des jeunes, ont dû être revus à la baisse voire supprimés dans certaines régions et que le dernier appel à projet du fonds d'expérimentation (FEJ) (…) voit son enveloppe se réduire, passant de 2,5 millions d'euros annoncés à 865 404 euros pour seulement six projets retenus sur les 201 éligibles". Le Sep-Unsa se demande en outre ce que "signifie" la fête de la jeunesse "face à la galère qui dure" et si "les jeunes en échec scolaire, sans diplôme et sans perspective se satisferont" de cette proposition. La fête saura-t-elle "rassurer les personnels en souffrance dans les services de l'État déstructurés par la RGPP et sa traduction territoriale la Réate" ou encore si "pour populaire qu'elle soit", la fête permettra "la reconnaissance et le développement des démarches d'éducation populaire plus que jamais indispensables pour assurer le mieux vivre ensemble ?"
Le Sep-Unsa estime aussi que la fête de la jeunesse est "un coup de projecteur sur le dispositif du service civique concocté en mars 2010 par Martin Hirsch et qui peine à atteindre ses objectifs". Le syndicat ajoute que "le service civique peut être un dispositif intéressant" mais "à condition d'être en capacité d'aider les associations à construire de véritables projets d'accueil citoyen qui ne se substituent pas à l'emploi". En outre, le Sep-Unsa refuse que le service civique soit "à lui seul la politique de la jeunesse".
I love educ pop choisit l'ironie
Pour sa part, le site I love educ pop a accueilli l'annonce d'une fête de la jeunesse avec une certaine ironie, pointant le décalage entre cette mesure et les besoins réels de la jeunesse française et des professionnels qui œuvrent auprès d'elle. I love educ pop a d'ailleurs créé pour l'occasion toute une série d'affiches aux accents d'après-guerre et publié un texte dont voici un extrait :
"Gloire à notre honorable Secrétaire d’Etat, mademoiselle Bougrab, qui dans ces temps incertains, a pris cette décision importante. Elle montre ainsi la voie à suivre par toutes les corporations éducatives : instituteurs, professeurs, maitres d’internat, surveillants généraux, censeurs, éducateurs etc.
Car c’est bien de cela dont il s’agit : exalter ce qu’il y a de plus beau dans notre jeunesse : sa beauté, son dynamisme, sa souplesse et sa disponibilité pour construire la France de demain.
Avec le service civique, le retour de l’instruction civique et des internats, la création de cette formidable fête de la jeunesse fait rentrer pleinement notre beau pays dans le XXIe siècle."

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