Grève du 19 septembre : animateurs et Atsem ont répondu présent

Le 2 septembre, un article du journal Le Monde traitait de l’appel à la grève, le lundi suivant la rentrée scolaire, lancé par l’intersyndicale de l’animation regroupant les syndicats CFDT F3C, CFTC, EPA-FSU, SEP UNSA et UNSA Territoriaux. On y lisait l’objectif premier de ce mouvement social : le retrait du décret du 2 août 2016 pérennisant les taux d’encadrement dérogatoires pour les accueils périscolaires organisés dans le cadre d’un PEDT.
Cet article a depuis été partagé plus de 5 900 fois sur Facebook, ce qui montre clairement que cette grève nationale, la première, n’a pas laissé indifférent. Au final, il y a eu des actions et des rassemblements partout en France, "plusieurs milliers d’animateurs", dont on a plus ou moins parlé dans la presse locale et à la télévision régionale. On dit bien la première, car la deuxième journée de grève nationale a eu lieu le 19 septembre, lundi dernier (à l'appel cette fois des syndicats UNSA territoriaux, SEP-UNSA, CFTC, EPA-FSU, CGT, SUD et FO), et on peut légitiment se demander si elle a rassemblé plus de professionnels du secteur… si le mouvement a pris de l’ampleur.

Des rassemblements partout sur le territoire

Il est toujours compliqué d’évaluer par combien de professionnels une grève a été réellement suivie, et c'est encore plus vrai lorsqu’il s’agit d’animateurs et d’Atsem, c’est-à-dire de professionnels à la fonction, au statut et au contrat variables, travaillant au sein de structures tantôt publiques tantôt privées, situées dans des communes de tailles très différentes. "Les retours que nous avons du terrain démontrent que la mobilisation a été plus importante que lors de la grève du 5 septembre. Des territoires ont été bloqués, tous les accueils périscolaires et cantines y étaient fermés. Comme dans des communes en Aquitaine, là où je suis domiciliée."
Marie Baggio, secrétaire générale adjointe du SEP-UNSA, est formelle tout en mesurant ses propos.
"On est sur une montée en puissance… et beaucoup d’animateurs et d’Atsem ont répondu à l’appel de l’intersyndicale. Ce qui n’était pas assuré : ce n’est pas coutume pour ces professionnels de faire grève, il faut se décider et faire le premier pas, et communiquer dans le secteur n’est pas simple quand on sait sa diversité."
Cette fois, l’intersyndicale avait cependant bien battu le terrain, relayant sur les réseaux sociaux le communiqué de presse et multipliant les actions de communication… Sans compter que le jour choisi n’était plus synonyme de rentrée. "Tous les salariés et les agents concernés par les temps d’accueils périscolaires ont aujourd’hui pris ou repris leurs fonctions."

Les suites de la grève : des certitudes et des possibles

Des actions et des rassemblements, il y en a eu par exemple dans l’Ouest et le Sud : à Vannes, à Lorient, à Mont-de-Marsan, à Angers, au Mans, à la Roche-sur-Yon, à Marsac-sur-l’Isle, à Montpellier… mais aussi dans le Nord et l’Est : à Amiens, à Reims, à Montargis, à Orbey, à Phalsbourg, à Grenoble… Dans un nombre important de communes, les animateurs et les Atsem se sont rassemblés pour signifier leur colère et leur ras-le-bol, dans les rues et parfois devant la préfecture, banderoles et tee-shirts à l’appui. Sur chaque site, les professionnels ont rarement été plus d’une cinquantaine ; mais qu’importe le nombre, la réalité était là et les élus locaux en ont souvent été conscients (certains ont dû instaurer un service minimum ou réquisitionner ce jour-là d’autres personnels communaux).
"Il faut maintenant donner une suite concrète à ce mouvement et nous y travaillons", ajoute Marie Baggio. "L’intersyndicale a évoqué plusieurs pistes. Certains d’entre nous ont d’ores et déjà appelé à reconduire la grève [ndlr : le 29 septembre pour la CGT et la CFDT à Orléans par exemple] ; mais deux jours sans salaire, c’est déjà beaucoup pour des animateurs. C’est pourquoi on réfléchit également à une autre forme de mobilisation collective et à la possibilité d’échanger sur le terrain avec les professionnels pour mieux connaître leurs situations et définir des pistes concrètes. Le ministère est friand de bonnes pratiques, c’est une manière de les recenser et de parler avec les politiques locaux."
Cette piste d’action, sans pour autant écarter une nouvelle possible journée de grève nationale, a été privilégiée à court terme : les syndicalistes rencontreront en effet le 18 ou 19 octobre la cinquantaine d’animateurs strasbourgeois ayant manifesté le 19 septembre. À long terme, la cible de l’intersyndicale reste bien entendu les politiques. "Nous agissons par ailleurs au niveau judiciaire, il ne faut pas l'oublier : le recours devant le conseil d’État pour contester la pérennisation du décret du 2 août est en préparation."

Florent Contassot


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