La Ligue : « Il faut généraliser les PEDT. »

Une fédération d’éducation populaire qui s’exprime longuement sur la réforme des rythmes scolaires, c’est assez exceptionnel pour être signalé. Sans compter qu’Eric Favey, secrétaire général adjoint de la Ligue de l’enseignement, ne cache pas son positionnement, plutôt favorable, à la condition que l’élaboration des projets éducatifs de territoire (PEDT) soit ambitieuse. « Chaque fois que l'on ouvre un chantier qui veut faire bouger les choses, on se heurte aux réactions des acteurs sur le terrain. Il faut alors beaucoup de pédagogie ou du courage politique ! »

Selon lui, cependant, les difficultés de la mise en application de la réforme, tout comme les attentes des professionnels de l’éducation, sont multiples… Ainsi, il souligne que « l'institution scolaire […] ne doit pas décréter seule l'ordre du jour éducatif d'un territoire et de son organisation » et que les collectivités sont face à trois cas de figure possibles. « Pour les communes qui ont développé une politique éducative locale intégrant l'école […], l'enjeu sera d'adapter leur projet éducatif local en tenant compte des nouvelles contraintes de la réforme des rythmes. Leur principale difficulté sera de réorganiser, en revoyant par exemple la continuité des activités, et cela représente un surcoût. Pour les communes qui n'organisent actuellement aucune activité périscolaire […], elles doivent tout créer et auront sûrement besoin de plus de temps. En plus des problèmes matériels pour les locaux par exemple, elles auront surtout le problème des ressources humaines. Pour les villes qui avaient mis en place de l'accueil périscolaire facultatif, elles vont devoir changer d'échelle et passer d'un dispositif prévu pour quelques enfants à des activités pour tous. En milieu rural par exemple, trouver d'un coup sept ou huit animateurs supplémentaires, c'est difficile. »

Un engagement en faveur des PEDT

Ce regard pragmatique lui fait aussi pointer les possibles dérives de cette réforme, telle l’apparition d’activités périscolaires payantes. « Incontestablement si la réforme avait créé, comme initialement envisagé, une véritable extension de l'obligation publique d'accueil éducatif de 3 heures par semaine, elle aurait encore eu plus de force politique et pédagogique. Elle avait pour corollaire la gratuité sur cette partie de l'accueil périscolaire et donc un coût supplémentaire pour la collectivité. Mais la perspective demeure et c'est celle qu'il faut maintenant travailler en généralisant les projets éducatifs locaux. » La Ligue de l’enseignement a donc choisi de s’engager dans l’élaboration des PEDT aux côtés des DASEN et des collectivités. Elle « propose des actions de sensibilisation comme l'organisation de réunions publiques locales [ainsi que] des actions d'accompagnement de la mise en œuvre de la réforme des rythmes, en proposant des organisations des temps éducatifs, en évaluant les besoins en acteurs et les moyens ». En outre, elle se propose « d’intervenir dans la phase plus opérationnelle en trouvant par exemple les animateurs nécessaires et en examinant leur qualification ou encore en suscitant la création d'associations complémentaires de l'école. » Ces différentes actions affirment une nouvelle fois le positionnement de la Ligue qui, comme les autres fédérations d’éducation populaire, soutient après un long silence médiatique la réforme des rythmes éducatifs.

L’intention est louable puisqu’Eric Favey rappelle aux politiques que « l'investissement public de l'État et des collectivités devra garantir l'équité territoriale de cette nouvelle ambition éducative ». Néanmoins, on ne peut s’empêcher de s’étonner, car toutes les fédérations semblent s’être donné le mot : il faut se battre pour des projets éducatifs de territoire ambitieux… et aucune ne commente la révision du taux d’encadrement périscolaire ou encore l’investissement financier temporaire de l’Etat en direction des collectivités.

FC avec AEF


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