Refondation de l’éducation : Valérie Fourneyron fait entendre sa voix

Dans le cadre du débat sur la refondation de l’éducation, où les effets d’annonce se multiplient tant du côté gouvernemental que syndical, Valérie Fourneyron a choisi de rendre publique, plutôt discrètement, ses contributions sur les thèmes notamment des rythmes éducatifs, de la lutte contre le décrochage scolaire, de la formation initiale et continue… Le texte est à lire intégralement ici. C’est instructif et méritait qu’on mette un coup de projecteur sur la partie consacrée aux rythmes éducatifs.

En effet, on se rend compte dès le début de ce document que la ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative n’oublie pas les véritables enjeux de la refondation de l’école, à savoir par exemple « l’articulation des différents temps éducatifs (avant l’école, pendant la pause méridienne, après l’école, le mercredi, les petites et grandes vacances) et des personnes intervenantes (enseignants, animateurs et personnels des collectivités, éducateurs sportifs, etc.) ». Ainsi, elle prône « la mise en œuvre d’un partenariat au niveau local entre les collectivités territoriales, l’Etat (ministères de l’Education nationale ; des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative ; de la Culture ; de la Ville), et les associations. Ce cadre national prévoirait une démarche de diagnostic, puis l’élaboration d’un projet éducatif de territoire finalisé par une contractualisation ». C’est un positionnement ambitieux mais qui a le mérite de souligner la réussite des projets éducatifs locaux et de poser clairement l’importance du lien qu’il doit y avoir entre toutes les structures éducatives d’un même territoire.

Une offre de loisirs adaptée

On y apprend aussi qu’elle est parfaitement consciente du rôle central de l’offre de loisirs éducatifs, sportifs et culturels en cas de réaménagement de la semaine scolaire notamment en primaire. « Si l’hypothèse d’aménagement de la semaine était de 9 demi-journées reparties sur 5 jours (lundi, mardi, jeudi, vendredi et mercredi ou samedi matin), notre choix irait vers une organisation de la journée restant sur les horaires classiques et prenant en compte un allongement de la pause méridienne, dédiée à des activités et loisirs éducatifs. (…) Ce système a l’avantage de ne pas désorganiser les activités périscolaires existantes et de garder les repères actuels des parents. »
De même, elle consacre plusieurs paragraphes au coût de ces possibles évolutions, en soulignant au passage quelques-unes des incohérences actuelles. « Il nous semble qu’une autre compensation pourrait se faire par la redistribution des financements par les collectivités territoriales. La multiplication, constatée ces dernières années, d’intervenants divers et réguliers sur le temps scolaire, financés par les collectivités, entraînent un double financement public. En période d’ajustement budgétaire, il serait utile de redonner aux enseignants la pleine responsabilité éducative sur le temps scolaire permettant ainsi aux collectivités d’utiliser leurs financements pour les temps sous leur responsabilité, c'est-à-dire les temps péri et extrascolaires. »

Valérie Fourneyron s'exprime également sur la question de la formation initiale et continue des différents acteurs professionnels impliqués dans l'éducation des enfants, insistant sur la nécessaire complémentarité entre animateurs et enseignants : "La sensibilisation des professeurs en formation initiale et continue sur l’apport des activités péri et extrascolaires, et sur la valeur ajoutée des projets éducatifs locaux, est un enjeu structurant pour les décennies à venir. La réciproque est tout aussi importante : les animateurs notamment issus de l’éducation populaire et du monde sportif devraient être sensibilisés et formés aux objectifs, aux moyens et au fonctionnement de l’enseignement scolaire."
Ainsi, ces formations pourraient porter notamment sur "la qualification, les méthodes, et les outils des uns et des autres afin de faire évoluer les représentations collectives et ainsi créer les conditions favorables à une coopération respectueuse des rôles et des compétences de chacun".

Au final, ces contributions de la ministre sont agréablement surprenantes. On la disait très centrée sur le sport et peu au fait de l’éducation populaire, or dans ces quelques lignes, on voit qu’elle ne perd pas de vue cet aspect de son ministère et qu’elle y porte une attention certaine. Maintenant, restent à voir le véritable impact qu’aura son message dans le débat et les échos qu’il pourra trouver auprès des professionnels de l’éducation. Nous sommes dans une période charnière, c’est donc maintenant qu’il faut faire entendre sa voix et surtout ses opinions !


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