Je peux pas, j’ai Neuj’pro !

Rencontres Neuj’Pro : un anniversaire axé sur le numérique

Le Journal de l’Animation : Les Neuj’Pro permettent chaque année la rencontre de spécialistes, d’élus, de professionnels et d’intervenants des politiques publiques en faveur de la jeunesse… Pourquoi le Conseil général de l’Allier a-t-il mis en place cet événement qui reste aujourd’hui encore unique ?

Claude Riboulet : J’ai été élu conseiller départemental en 2001 pour la première fois et j’avais alors en charge la jeunesse et les nouvelles technologies. Il existait sur le département depuis le début des années 1990 des rencontres professionnelles de la jeunesse. Je me suis employé à ce qu’elles deviennent nationales. Rien de semblable n’existait et il me semblait primordial de pouvoir échanger et débattre sur des réflexions globales ou sur des dispositifs impulsés au niveau national, comme sur des expériences initiées dans les territoires par les collectivités, les structures professionnelles ou le monde associatif. C’était aussi une époque où les acteurs des politiques de jeunesse étaient très actifs et dynamiques. Nous avons reçu dès le début le soutien de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep, www.injep.fr).

La première Neuj’Pro s’est tenue en 2002 sur trois jours à Montluçon, et non à Vichy comme les éditions suivantes. Les fondements de l’événement ont toujours été un triptyque : partage d’expériences, espaces de rencontres, d’échanges et de mutualisation et venue de chercheurs et de sociologues. Les Rencontres sont très vite montées en puissance et ont trouvé leur public… comme elles ont aussi suivi l’évolution des politiques publiques de jeunesse qui, je trouve, se sont essoufflées ces dernières années.

JDA : C’est une édition anniversaire : on fête cette année les 18 ans des Neuj’Pro. Les Rencontres ont-elles atteint en quelque sorte leur majorité ?

Claude Riboulet : On peut le dire comme cela mais je vois plutôt cet anniversaire comme une occasion de donner une nouvelle impulsion aux Neuj’Pro. Je suis devenu président du Conseil général en décembre 2017 et j’ai constaté l’an passé une certaine routine lors des rencontres. J’ai donc souhaité les recentrer sur des thématiques qui ont constamment soustendu les débats et qui n’ont rien perdu de leur actualité. C’est une manière de renouer avec les fondements des Neuj’Pro.

Le numérique est le thème de cette édition parce que, depuis le début des années 2000, les comportements à risque sont un sujet récurrent. Aujourd’hui, je pense que les risques se situent plus derrière un écran que dans la rue… du moins nous avons fait venir des spécialistes pour qu’ils en parlent. Au fil de ces journées seront donc abordés l’exploitation des données à caractère personnel, l’éducation aux médias ou encore l’équipement numérique, qui est une préoccupation majeure des collectivités.

JDA : Quelles avancées ont porté les Neuj’Pro dans la perception des politiques de jeunesse ?

Claude Riboulet : En nous fondant sur l’intelligence collective, nous sommes parvenus à fixer des éléments de réflexion forts au fil des années. Déjà, les politiques de jeunesse s’inscrivent dans la transversalité. Il n’y a pas une politique de jeunesse mais des politiques de jeunesse. De plus, des sujets comme le logement, l’emploi, la mobilité… ne sont pas propres aux jeunes.

Il faut donc réfléchir à comment décliner les politiques actuelles de manière à ce qu’elles touchent les jeunes comme les personnes âgées par exemple. Il faut également considérer que toutes les politiques de jeunesse doivent être territorialisées, il ne peut y avoir une politique nationale.

C’est l’une des raisons des Neuj’Pro : c’est un lieu de partage et d’échanges, on y découvre des pratiques pour ensuite les adapter à son territoire ou sa structure. Pour finir, il ne faut jamais oublier que factuellement l’objet d’étude, les jeunes, est en perpétuel mouvement. Cette population change tous les deux-trois ans et le temps des politiques publiques et de jeunesse n’est pas synchrone. C’est même encore plus prégnant lorsqu’on parle de numérique.

L’enjeu de la réactivité est une de nos priorités. J’ajouterais que la jeunesse est une plaque sensible de notre société ; à la manière des plaques photographiques, elle révèle des phénomènes latents qui deviendront souvent une réalité quelques années plus tard.

JDA : Cette édition anniversaire dure 3 jours et, nous l’imaginons, comportera quelques surprises…

Claude Riboulet : Ces trois jours sont un retour au format originel et nous organiserons bien entendu, en clôture, une rétrospective. Toutefois, je ne suis pas là pour jouer les anciens combattants même si l’émotion sera au rendez-vous.

Cette édition anniversaire vise avant tout à réaliser tout l’enjeu et la finalité des Neuj’Pro qui n’ont jamais été des rencontres purement techno et pro. Nous avons toujours souhaité que cela soit un espace où l’on apprend, découvre et imagine des expérimentations et où l’on relaie des expériences de terrain.

Pour plus de renseignements : www.allier.fr/206-le-neuj-pro.htm
Pour s’inscrire aux 18es Neuj’Pro : www.neujpro.allier.fr


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