Réouverture des écoles et du périscolaire : les annonces de Blanquer, les questions des maires – Photo © Estelle Perdu

Réouverture des écoles et du périscolaire : les annonces de Blanquer, les questions des maires

Auditionné par la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale le 21 avril 2020, le ministre de l’Éducation et la Jeunesse, Jean-Michel Blanquer, a donné de premières orientations et hypothèses concernant le retour en classe des élèves à partir du 11 mai.

Les élèves de grande section, CP et de CM2 reprendraient la semaine du 11 mai et ceux de 6e, 3e, 1re et terminale le 18 mai. Les autres reprendraient le 25 mai. Le ministre pose un "impératif catégorique de travail en petits groupes". Le plafond pourrait "par exemple être de 15 élèves" même s’il reste à définir et pourrait varier selon les classes. Ce calendrier est également susceptible de varier selon les territoires, et si les règles sanitaires qui seront définies par les autorités de santé ne peuvent pas être respectées, "les établissements ne rouvriront pas".

À partir du 11 mai, les élèves pourraient se trouver dans quatre types de situation, selon le ministre : "Soit l’élève est en demi-groupe en présence, soit il est à distance, soit il est à l’étude si la configuration de l’établissement le permet. Nous proposerons aussi de manière facultative à toutes les communes de mettre en place des activités sportives à côté de l’établissement (…) dans les gymnases ou dans les parcs". Il s’agirait d’activités sportives mais aussi liées à la prévention santé, au civisme et à la culture, organisées sous la responsabilité des mairies en faisant appel au personnel communal, aux associations du territoire, etc.

S’il n’a pas abordé explicitement lors de cette audition la question de la réouverture des accueils périscolaires, Jean-Michel a précisé le même jour, lors de la séance de questions au gouvernement  à l’Assemblée nationale, que cette période sera "aussi une opportunité pour les activités périscolaires dès lors qu’elles respectent elles aussi les règles sanitaires".

Si de "grands principes" seront donnés au niveau national, "beaucoup de souplesse" sera laissée localement car "chaque établissement est dans une situation différente".

La réaction des Maires de France

Suite aux annonces de Jean-Michel Blanquer, l’Association des Maires de France (AMF) a rendu public le 22 avril sa "contribution à la préparation du déconfinement".
L’AMF propose qu’un "protocole national de réouverture des écoles" précisant le nombre d’enfants par espace, le nombre de classes, les équipements nécessaires, etc. soit élaboré et disponible dans chaque école. "Des souplesses ou des adaptations locales pourront être définies à l’échelle locale, après accord de l’autorité préfectorale et en concertation étroite avec les maires."

Actuellement, dans le cadre de l’accueil exceptionnel de certains enfants dans les établissements scolaires ou lors des temps périscolaires, ces derniers doivent être accueillis par tranches d’âge, en groupe de 10 élèves au maximum. Pour l’AMF, "l’assouplissement de cette règle devra être examiné, notamment en zone rurale où les enfants doivent pouvoir être accueillis en groupe constitué d’un nombre d’élèves d’âge différent permettant de respecter les gestes barrières".

Il faudra préciser aussi le matériel à fournir (type de masques) pour le personnel ainsi que pour les enfants et, ce, en fonction de leur âge. L’association demande des précisions aussi sur les modalités d’application des gestes barrières et le nombre d’enfants accueillis par salle. Des consignes sanitaires devront en particulier être appliquées pour l’accueil des parents : interdiction de l’accès aux locaux (notamment en école maternelle) mais aussi pour les livraisons (école, cantine…).

Quelle organisation et quelles modalités d’encadrement pour le périscolaire ?

L’AMF propose que soit défini, sur les bases de recommandations nationales, un "plan d’action d’urgence en cas de déclaration de symptômes du Covid-19 chez un enfant ou un agent durant les heures d’ouverture des écoles".

En fonction des effectifs accueillis dans les structures, les communes devront en effet prévoir le personnel adéquat, que ce soit en matière de taux d’encadrement ou de qualification en particulier pour les accueils de loisirs. Sur ce plan, l’AMF souhaite qu’"en cas de difficultés de respect" des règles d’encadrement qui s’appliquent dans les accueils de loisirs, "lorsque des animateurs sont contaminés par le Covid-19, (…) le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse puisse autoriser l’assouplissement des normes d’encadrement et des qualifications des personnels."

Pour ce qui concerne les temps péri et extrascolaires, les maires veulent que le gouvernement se prononce sur "la possibilité ou non de proposer aux familles l’accueil des enfants scolarisés sur le temps périscolaire, les accueils du matin et surtout du soir pouvant s’avérer indispensables aux parents pour exercer leur activité professionnelle". Ils attendent des précisions aussi sur l’organisation des études surveillées et des accueils de loisirs ou garderies du mercredi.

Des réunions de préparation entre tous les acteurs éducatifs

Selon l’AMF, l’application des gestes barrières supposera "le respect de la distanciation sociale et impliquera des contraintes fortes dans l’organisation de la reprise d’activité". Les "capacités limitées des locaux scolaires, périscolaires, de restauration ou des crèches" devront "faire l’objet d’aménagements dédiés, par exemple prévoir des cheminements à sens unique".

Les maires se disent prêts à mettre à disposition des "salles communales (salles polyvalentes, associatives, culturelles, actuellement fermées), équipements sportifs extérieurs, pour faciliter l’accueil des enfants". "Mais là où il s’avère impossible d’accueillir la totalité des enfants accueillis d’habitude sur un même temps, l’AMF propose que, pendant toute la durée de la sortie progressive du confinement, l’instruction demeure obligatoire mais puisse se faire sous plusieurs formes :
• retour en classe auprès de l’enseignant, mais forcément sur un temps limité ;
• poursuite du dispositif "ma classe à la maison" pour ceux qui ne se rendront pas à l’école."

Avant la réouverture des écoles, l’AMF réclame "des réunions de préparation et une collaboration État/collectivités". Il faudrait ainsi "organiser dans chaque commune des réunions sous la responsabilité conjointe du Dasen, du maire ou de leurs représentants des réunions d’ouverture". Seraient associés, les responsables des accueils périscolaires, de la restauration, des transports scolaires et, le cas échéant, de la médecine scolaire. Des réunions entre les membres de la communauté éducative (enseignants, Atsem, animateurs, personnel de restauration…) seront également "indispensables la semaine précédant la réouverture des écoles".

Quid de la désinfection des locaux, de la cantine et des transports scolaires ?

L’AMF réclame l’élaboration de "consignes sanitaires précises" (produits à utiliser, précautions à prendre…) et la mise à disposition de "matériel indispensable pour la désinfection des locaux". Il sera bien sûr nécessaire de prévoir le temps nécessaire à la réalisation de ces travaux de désinfection.

Il faudra préciser aussi "les conditions et la fréquence du nettoyage des locaux" et élaborer des protocoles concernant la propreté des sanitaires et le passage aux toilettes.

Les maires réclament "des consignes claires" quant aux modalités pratiques de la préparation et de l’organisation des repas à l’école. À moins que l’école n’accueille les enfants en demi-journée, "la réouverture des écoles induira la reprise d’activité de l’ensemble des cantines scolaires". "Dans le cas contraire, les familles devront fournir des paniers repas, dispositif déjà mis en œuvre par une partie des communes organisant actuellement l’accueil des enfants prioritaires."

Il faudra aussi établir des recommandations en matière d’encadrement et de placement des enfants, de gestion des services de type self, dans le cadre du respect des gestes barrières. Des recommandations sanitaires supplémentaires devront être définies pour éviter la propagation du virus lors de la préparation des repas et du service.

Autre demande des maires : définir les modalités d’organisation du transport scolaire et celles des dortoirs en maternelle.

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"Pas d’obligation de retour à l’école" selon l’Élysée

À l’issue d’une rencontre entre le Président de la République Emmanuel Macron et des représentants des maires jeudi 23 avril, l’Élysée a tenu a rassurer les élus en faisant savoir que la rentrée scolaire du 11 mai sera "progressive, concertée avec les élus locaux et adaptée aux réalités locales", notamment en fonction de la taille des communes. Priorité sera sans doute donnée aux "plus jeunes, ceux qui ne sont pas autonomes", ainsi qu'aux enfants "les plus en difficulté", mais quoi qu'il en soit sur la base du volontariat des parents, "sans obligation de retour à l'école", a précisé l'Élysée.

On le voit, des déclarations de principe à la transposition sur le terrain des futures décisions de l’exécutif, le chemin à parcourir reste long. Il passera inévitablement par l’élaboration de protocoles et de consignes précis et concrets, en un peu plus de deux semaines. Souhaitons que les animateurs y soient associés, aussi bien à l’échelon national que local.

David Jecko avec AEF


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