Rythmes éducatifs : 25 pistes pour améliorer la mise en œuvre des PEDT

La mission menée par la sénatrice de Gironde, ancienne enseignante et directrice d’école maternelle, a débuté ses travaux début janvier « après la période électorale des régionales qui aurait rendu difficile un temps d’échanges apaisés ». L’objectif, fixé en octobre par le Premier ministre, était d’établir un bilan des initiatives et des bonnes pratiques prises par les élus locaux pour organiser et développer les activités périscolaires, d’identifier les points de blocage les plus fréquents et de définir les conditions d’un soutien renforcé par les services de l’État aux communes.

Auditions, visites sur le terrain, contributions libres…

Pour mener à bien cette mission et mieux comprendre la situation des communes rurales, il a été effectué des auditions (de chercheurs comme Claire Leconte et François Testu, d’associations d’élus et d’éducation populaire, de syndicats d’acteurs éducatifs engagés dans la réforme…) mais aussi des visites sur le terrain dans 12 départements (Ariège, Creuse, Gironde, Landes, Loir-et-Cher, Nord, Paris, Pas-de-Calais, Puy-de-Dôme, Seine-Maritime, Somme et Val d’Oise).
À ce cycle d’auditions et de visites, se sont ajoutés des outils de contribution libre permettant à quiconque concerné par cette réforme (professionnels éducatifs, bénévoles, parents d’élèves…) d’exprimer son avis et de relater son expérience. Il y a eu la diffusion en février en direction des élus locaux d’un questionnaire et la création d’un blog, https://unereformedanslerythme.com, et d’une boîte mail dédiée. Sur cette page web, on trouve notamment le rapport remis au Premier ministre dans son intégralité et à télécharger mais aussi la carte des déplacements de la mission, une revue de presse...

La réalité des petites communes

Au final, l’enquête de la mission se fonde sur les données de 1 002 communes, dont 60% de moins de 2 000 habitants et qui représentent quelque 4,3 millions d’habitants et 360 000 enfants scolarisés… sans parler des contributions qui ont directement été envoyées via le blog. Elle détaille sans indulgence aucune les points de blocage, et inversement des bonnes pratiques développées sur certains territoires. Elle parle également, une fois n'est pas coutume, des champs d'intervention des animateurs et de leurs difficultés au quotidien, de la consolidation des métiers de l'animation résultant de la mise en place de la réforme... comme des relations souvent mauvaises qu'ils ont avec les professeurs des écoles.

Dans le rapport, sont par ailleurs détaillées 25 pistes d’action, concrètes et en lien direct avec le terrain, articulées autour de 6 axes. Et certaines d’entre elles ne sont pas sans rappeler les revendications maintes fois exprimées par les animateurs...
- Simplifier les dossiers : clarifier l’offre des activités proposées et alléger les procédures d’attribution des aides de la CAF.
- Former et qualifier : valider l’expérience d’acquis professionnels par un diplôme de niveau 5 pour les animateurs et un diplôme de niveau 4 pour les coordonnateurs ; pour les formations DDCSPP, alléger les conditions d’obtention du BPJEPS et favoriser la polyvalence dans la formation et les contrats d’animateurs ; prévoir des modules spécifiques interprofessionnels au sein des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) dans le but d’établir très tôt une culture commune…
- Enrichir les propositions : diversifier l’offre pédagogique et éviter l’essoufflement, mobiliser les ressources thématiques locales…
- S’adapter à la diversité : engager une réflexion avec l’ensemble des acteurs à l’échelle d’un PEDT ; poursuivre l’approche spécifique en maternelle ; faciliter les participations des enfants en situation de handicap au TAP…
- Coordonner : faciliter la mise en œuvre des NAP et la mutualisation des ressources intercommunales ; revoir le fonctionnement des conseils d’école…
- Stabiliser : réaffirmer la pérennisation des aides de l’État ; prolonger les emplois avenir qui arrivent à terme à la rentrée 2016 pour ceux qui se sont engagés en 2013 ; stabiliser et renforcer les contrats de travail en établissant un lien avec des structures qui recrutent des professionnels de l’animation pour un public plus large que celui de l’école (CCAS, EPAD, espaces services…), etc.

Pas si parfaite que cela…

Ce rapport dit « Cartron », de 113 pages qui montent à 226 avec les annexes, est pour le moins dense. Il n’en demeure pas moins intéressant à éplucher, car il balaie les grands sujets de la réforme (de son financement à l’échelon local au recrutement des animateurs en passant par les problèmes logistiques et l’absence de relations entre les différents acteurs éducatifs) et il fait parler les « petits », les acteurs locaux qu’on entend peu habituellement…
On précisera également, pour ceux qui pourraient croire que ce ne sont là que des pages complaisantes pour le gouvernement, que ce rapport n’est pas aussi positif qu’il y paraît de prime abord et qu’il pointe de nombreuses améliorations à effectuer ; et pour certaines urgemment.

Florent Contassot




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