Rythmes : Najat Vallaud-Belkacem annonce une "banque de données" des activités périscolaires

"Je suis très attachée à la réforme des rythmes scolaires, elle améliore les apprentissages [...] J'ai envie qu'elle fonctionne dans la durée, c'est pourquoi je me suis engagée à continuer à travailler" à la pérennisation du fonds d'amorçage, a expliqué la ministre à l'issue d'une table ronde sur la réforme des rythmes scolaires, organisée lors du 97e congrès des maires de France, le 26 novembre 2014.

Création d'une "banque de données" des activités périscolaires

Concernant les Projets éducatifs territoriaux (PEDT), le ministère de l'Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche va créer "une banque de données" des activités périscolaires "pour que les maires puissent échanger des idées", a expliqué la ministre. "Je ne veux pas que les PEDT deviennent un exercice contraignant", a-t-elle affirmé. Leur signature est désormais obligatoire pour que les communes aient accès au fonds d'amorçage en 2015-2016, ce qui a soulevé des inquiétudes parmi les élus locaux.

La ministre reconnaît que l'Éducation nationale "est parfois prise en faute de ne pas considérer les maires comme de véritables partenaires de l'école. C’est la raison pour laquelle j’ai proposé à l’AMF [Association des maires de France] et l’AMGVF [Association des maires de grandes villes de France] de travailler ensemble à une circulaire, avec un maximum d’explications, un minimum de contraintes. Elle sera adressée à mon administration pour que les communes soient accompagnées tant qu’elles n’auront pas signé le document, et pour que cela conduise à une amélioration de la qualité des activités périscolaires". Pour la ministre, des activités de qualités ne "sont pas forcément extrêmement luxueuses".

Un maire de Haute-Garonne a répondu à la ministre : "Le PEDT est compliqué à mettre en place dans notre communauté de communes, alors que celle-ci a signé un plan éducatif communal". Mais pour la ministre, "si ce plan a une consistance telle qu'il permet d'organiser la complémentarité des acteurs locaux, et la complémentarité des différents temps, il y aura bien une équivalence entre le plan éducatif communal et le PEDT".

Un maire du Lubéron, éducateur spécialisé, a également apostrophé la ministre : "Est-ce que vous pouvez demander, par circulaire, plus d’ouverture aux enseignants vis-à-vis des autres intervenants ?" Selon lui, "le seul problème de cette réforme est dans nos rapports avec les enseignants. Vu les applaudissements, je ne dois pas être le seul ! Pouvez-vous essayer de réparer les relations entre les enseignants et ces personnels ?"

Difficultés pour recruter des animateurs qualifiés

Un autre maire s'est inquiété du financement par la commune des AVS sur le temps méridien. "La façon dont l’Éducation nationale peut être utile, c'est en mettant à disposition des communes des personnels qualifiés sur les temps périscolaires. J'entends que cela puisse poser des difficultés de financement", lui a répondu Najat Vallaud-Belkacem, qui a annoncé "travailler à des solutions" avec Daniel Lenoir, directeur général de la Cnaf. "C'est un travail en cours et l'AMF et l'AMGVF seront associées à ces questions".

La complexité des procédures rencontrées par les maires pour obtenir des financements de la Caf a également été abordée, ainsi que la difficulté de recruter des animateurs ayant les diplômes requis par la Caf et le ministère de la Jeunesse. Jean Benoît Dujol, directeur de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative, a précisé qu’une série d’arrêtés a été publiée début novembre, permettant notamment à des professeurs de musique ou des comédiens n’ayant pas le Bafa d’être comptabilisés parmi les animateurs "qualifiés".

"Ne pas brader les PEDT"
Ce discours, globalement destiné à rassurer les maires, n'est pas forcément porteur de bonnes nouvelles pour le secteur de l'animation. Certains, notamment le Syndicat de l'éducation populaire - UNSA, s'inquiètent ainsi des mesures de simplification annoncées : "Sans nier les problèmes qui se posent notamment en milieu rural, il relève de la responsabilité de l’État de ne pas « brader » les PEDT en cédant à la pression des maires, mais bien d’accompagner ces derniers pour que progressivement, tous les enfants bénéficient de temps éducatifs cohérents tout au long de leur journée. (…) Nous relevons l’engagement des ministres à ce que les élus puissent bénéficier d’un accompagnement facilitateur. Pour que cela se concrétise, il devra nécessairement se traduire par un renfort des effectifs des Conseillers d’Education Populaire et de Jeunesse." Le SEP-UNSA demande également à ce qu'"un effort progressif et important [soit réalisé] pour professionnaliser les personnels en place, notamment en facilitant et en incitant financièrement à la formation sur des diplômes professionnels de l'animation."

David Jecko avec AEF


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