Rythmes scolaires : les animateurs écrivent à Vincent Peillon

Le Journal de l'Animation et le SEP-UNSA, initiateurs en novembre dernier de l'opération "Rythmes éducatifs : n'oublions pas les animateurs !" lancent aujourd'hui une pétition afin de démontrer à Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, que la parole des professionnels de l'Animation et de l'Éducation populaire (animateurs, conseillers d'éducation populaire et de jeunesse, etc.) doit être prise en compte et entendue dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires et plus largement de la refondation de l'école.

À travers un texte au ton léger mais au fond sérieux et exigeant, le message est clair : les signataires sont favorables à la réforme, mais ils refusent qu'elle se fasse au détriment des enfants, et sur des bases de réflexion essentiellement économiques. Ainsi, comment le Ministre peut-il par exemple prétendre vouloir des temps périscolaires de qualité, tout en diminuant simultanément le taux d'encadrement de ces activités, pour répondre à la grogne des communes chargées de les financer ? Comment pense-t-il possible la création de projets éducatifs territoriaux de qualité, en respectant un calendrier extrêmement serré ? Et comment des décisions qui influent directement sur la qualité des activités périscolaires proposées aux enfants et sur les conditions de travail des animateurs peuvent-elles être prises sans que ces derniers ne soient consultés par le ministère ?

Voici le texte de la pétition, que nous vous invitons tous à signer sur cette page :

"Une réforme au rythme de l'égoïsme ?

Avec les rythmes cette semaine ça bouge dans tous les sens. Et le Ministre de l’Éducation nationale, qui depuis le mois de mai était dans le tempo de la communication, est victime de palpitations venant de la rue.

Au départ de toute cette histoire, il y a la nécessité de prendre en compte la fatigue des enfants pris dans des journées surchargées. Tout le monde était d’accord : ça ne peut pas continuer. Stop aux réformes mise en œuvre par et pour les adultes ! C’est le rythme chronobiologique de l’enfant qui guidera le changement. Sauf que… se forme aujourd’hui un nouveau discours qui déforme les objectifs initiaux de la réforme.

L’éducation de nos chères têtes blondes se fait par les enseignants, les animateurs, les conseillers d’éducation populaire et de jeunesse, les pères, les mères, les pairs et les écrans. Mais jusqu’à présent, ce groupe ne jouait pas en mesure car il manquait un lieu de répétition, une culture musicale commune et un chef d’orchestre.

Monsieur le Ministre, en tant qu’animateurs et professionnels de l’éducation populaire (1 million de salariés en France tout de même !), nous sommes prêts à jouer la même musique, mais il y a quelques accords à modifier pour que la mélodie soit entraînante.

Cette réforme des rythmes doit se faire pour les enfants, pour la rénovation du système éducatif, pour la coordination de tous les acteurs éducatifs… sauf à penser que les considérations égoïstes des adultes et l’économie priment sur le bien-être des enfants.

Alors, Monsieur Peillon, ne faites pas la sourde oreille, écoutez-nous, entendez-nous, et accordons nos violons !"

David Jecko, rédacteur en chef du Journal de l'Animation

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