Valérie Fourneyron : "La réforme va réduire l'inégalité d'accès aux activités périscolaires."

La ministre explique que l'élaboration des nouveaux rythmes et des PEDT (projets éducatifs territoriaux) va prendre « un peu de temps » mais que cette réforme est l'occasion d' « améliorer l'offre périscolaire sur tout le territoire » et pour les acteurs jeunesse d'être « reconnus ». La ministre, qui a réuni lundi environ 200 agents des directions régionales et départementales de son ministère sur le thème des PEDT, estime que « ces personnels ont des savoir-faire pour accompagner les acteurs » à conduire la réforme des rythmes éducatifs.

Comment va se passer la préparation des projets éducatifs territoriaux ?
Valérie Fourneyron : L'élaboration de projets éducatifs territoriaux va prendre un peu de temps car cela demande des discussions entre différents acteurs (les communes, les associations, les personnels du MEN, de Jeunesse et Sport, etc.) pour pouvoir innover et construire leur propre projet. Tout le monde n'est pas opérationnel tout de suite car certaines communes ont des contrats éducatifs locaux mais d'autres n'en ont pas. Pour accompagner les acteurs des territoires à construire les PEDT, les personnels du ministère des Sports, de la Jeunesse, de l'Éducation populaire et de la Vie associative ont des savoir-faire et peuvent contribuer à construire ces projets.

Comment inciter les acteurs locaux à élaborer ce type de projets ?
Valérie Fourneyron : Il existe encore beaucoup de communes - pas uniquement des communes rurales d'ailleurs mais aussi des grandes villes - qui n'ont pas de contrat éducatif local (1) et qui ont un taux d'encadrement, pour leur garderie du soir et du matin, très élevé (1 pour 25 voire plus) en dehors de tout cadre réglementaire.

Avec Vincent Peillon [ministre de l'Éducation nationale], nous allons faire paraître dans les jours qui viennent une circulaire sur les PEDT pour présenter la méthode pour les construire.Nous avons choisi de laisser une certaine capacité de souplesse et d'innovation pour que chacun puisse construire avec tous les acteurs du territoire son projet et permette ainsi à davantage d'enfants de bénéficier d'activités périscolaires. Il n'y aura pas un schéma type, c'est aux acteurs locaux d'élaborer leur propre projet.

Le fonds d'amorçage et le fait d'assouplir le taux réglementaire d'encadrement pour les accueils périscolaires, qui est actuellement de 1 pour 10en dessous de 6 anset de 1 pour 14 au-dessus de 6 ans, sont aussi une incitation à rejoindre les collectivités vertueuses. L'assouplissement, uniquement dans le cadre de cette réforme des rythmes, pour cinq ans et pour les collectivités qui se doteront de PEDT, devrait permettre d'amener plus de communes à construire des projets éducatifs de qualité et d'améliorer l'offre périscolaire sur tout le territoire.

Cette réforme ne risque-t-elle pas de creuser les inégalités sur le territoire ?
Valérie Fourneyron :
Les inégalités, elles existent aujourd'hui ! Actuellement, elles sont même encore plus fortes dans le périscolaire que dans le temps scolaires. Par exemple, les licenciés en sport sont deux fois moins nombreux dans les zones urbaines sensibles qu'ailleurs. La réforme va permettre au contraire de réduire ces inégalités car elle va inciter toutes les communes à proposer des activités périscolaires. La réforme apporte cette opportunité.

Certaines petites communes ne savent pas quelle offre périscolaire proposer, comment peuvent-elles procéder ?
Valérie Fourneyron :
Elles peuvent s'appuyer surles acteurs de l'animation et de l'éducation populaire qui ont des choses à proposer. Pour eux, cette réforme représente une opportunité d'être reconnus dans leurs savoir-faire. Tous les grands mouvements d'éducation populaire, comme le MRJC, la Ligue, les Ceméa, les Francas etc., doivent se saisir de cette réforme. Actuellement, 50 % de l'accueil périscolaire est déjà à l'initiative des associations d'éducation populaire. La réforme est aussi l'occasion de valoriser les métiers de l'animation. Ces acteurs vont être désormais plus présents et c'est avec eux que va se construire ce temps périscolaire. Ça n'est pas une réforme facile mais elle peut être riche d'innovation. Aborder la réforme par cette entrée est plus ambitieuse que d'y entrer par le côté « ça coûte cher ! ».

     
 

(1) Selon le ministère des Sports, de la Jeunesse, de l'Éducation Populaire et de la Vie associative, on ne connaît pas le nombre de communes qui actuellement ne proposent pas d'activités périscolaires.

 

 Source AEF


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