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Carnets d’été : les valeurs de l’éducation populaire, avant tout !

01 août 2012 Catégorie : Jeunesse Éducation populaire

Carnets d’été : les valeurs de l’éducation populaire, avant tout !
David Mathie travaille dans le secteur de l’animation depuis sept ans. Avec le même engagement et, surtout, en prenant toujours soin de respecter les valeurs de l’éducation populaire.
« L’appel du sac à dos a été plus fort ! Cet été, je suis une nouvelle fois sur la route. » La première quinzaine de juillet, David Mathie l’a passée sur le dos d’un cheval en Bretagne, dans le Finistère plus précisément. Un camp itinérant de Carhaix à Crozon, en compagnie d’une dizaine de jeunes âgés de 12 à 14 ans. « Je m’étais déjà occupé l’an passé de ce camp, géré par la Caisse centrale d’activités sociales du personnel des industries électrique et gazière (CCAS). Il s’était avéré fatigant pour tous les participants, les adolescents comme les animateurs. Je l’ai donc adapté cette année : avec l’équipe, on a raccourci l’itinéraire original, augmenté les temps de pause et le nombre d’activités. »

Des valeurs, des choix

Tiens, revoici la CCAS [cf. le 4e carnet d’été, paru le 25 juillet dernier], à croire que c’est un passage obligé pour tous les animateurs en début de carrière. Car, pour ce jeune homme de 24 ans, il n’y a jamais eu de doute : le social, l’animation, l’éducatif… c’est sa voie. Animateur depuis l’âge de 17 ans et un jour, David Mathie a exploré le secteur : il a travaillé et travaille encore pour les Francas, la Fédération des œuvres laïques (FOL), les municipalités, les associations loi 1901, etc. Enfin, tous les organismes de loisirs qui sont en accord avec ses valeurs, parce qu’il prend toujours le soin, avant de signer un contrat, de lire attentivement le projet éducatif de la structure. « Je fais mon choix après cette lecture et il m’est arrivé de refuser des contrats. »

Depuis maintenant deux ans, David Mathie est titulaire d’un DUT Carrières sociales option animation sociale et socioculturelle. C’est un professionnel sans poste fixe, qui enchaîne les séjours pendant les vacances mais aussi durant le temps scolaire. « Mon premier poste après mon diplôme, c’est la CCAS qui me l’a proposé. C’était il y a deux ans, en octobre… J’avais déposé mon CV sur Planet’anim et ils m’ont contacté pour que je m’occupe d’un séjour itinérant Arts de rue et équitation. J’ai accepté. » David Mathie en convient, la CCAS offre des conditions de travail appréciables, tant logistiques que financières. Cependant, ce baroudeur dans l’âme aime son indépendance. « J’essaie de varier au maximum. J’ai par exemple travaillé comme intervenant marin et aussi pour plusieurs classes de découvertes. Actuellement, je suis formateur Bafa bénévole pour les Francas et la prochaine session aura lieu le 25 août. »

Rémunération et responsabilités

David Mathie, on s’en rend vite compte, s’investit totalement. Il est animateur 24 heures sur 24, et chacun de ses actes est guidé par sa passion et les valeurs de l’éducation populaire. « Demain, le 2 août, je pars en Europe de l’Est pendant trois semaines avec 40 jeunes de 16 à 19 ans. On passera à Venise, Berlin, Prague… » Un environnement différent et des conditions de travail plus difficiles que le séjour qu’il a dirigé en juillet. « J’avais un budget global de 18 000 € et j’ai planifié l’ensemble de ce camp itinérant… Le logis, les activités, etc. Quand j’ai accepté ce contrat, je savais où je mettais les pieds : j’avais un itinéraire à respecter, le reste était à construire ; on ne m’a rien caché. »

Il a lui fallu tout de même pas moins de trois mois pour préparer le séjour : appeler les offices de tourisme, dénicher les bons plans, négocier les prix… Trois mois non rémunérés. « D’une certaine manière, cela fait partie du jeu… Et si j’avais choisi d’être animateur pour l’argent, il me faudrait vite changer de branche ! Nous manquons néanmoins de reconnaissance et la plupart des gens ne se rendent pas compte du travail que nous effectuons et des responsabilités que nous endossons. » Une remarque qui fait écho à la noyade d’un adolescent dans le gouffre de l’Oeil-Doux : David Mathie suit comme nous tous cette affaire. Au-delà des circonstances encore floues du drame, il faudrait peut-être revoir les conditions de la responsabilité civile qui échoit à chaque directeur de séjour…

Florent Contassot

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