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Reconquérir la politique de jeunesse

06 février 2012 Catégorie : Jeunesse Éducation populaire

Reconquérir la politique de jeunesse

Le débat intitulé « Promouvoir une politique de jeunesse et d'éducation populaire : un enjeu citoyen pour demain », organisé par le Cercle de l'éducation populaire, s’est tenu le 31 janvier à l'Assemblée nationale. Une réalité à penser, des idées concrètes.

Il a réuni Marie-George Buffet, ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports, Annick Girardin et Michel Ménard, tous deux membres du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche (SRC) ainsi que les représentants des différents candidats de gauche à l’élection présidentielle (François Hollande, Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly) devant quelque 250 professionnels de l’éducation.

Marie-George Buffet s’est chargée d’amorcer le débat en plaidant notamment pour la création d'un ministère dédié à la Jeunesse et à l'Education populaire. « Lorsqu'il n'y a pas de ministère visible, les choses se délitent comme cela a été le cas avec la disparition du ministère de la Jeunesse et des Sports. » Cette proposition n’a pas fait l'unanimité. Danièle Simonet a par exemple indiqué que le Front de gauche souhaiterait plutôt créer un « ministère de l'Education populaire et des Libertés associatives » afin « d'avoir une administration correspondante et des budgets ».

Toutefois, loin de s’arrêter à cette question, on notera que ce débat a permis d’évoquer des points précis de l’actualité du monde de l’animation. Notamment « la disparition de subventions pérennes au profit des appels à projets », « la reconquête de la spécificité associative » ou la « diabolisation des fédérations d'associations »… En outre, tous les différents représentants des candidats de gauche ont insisté sur la nécessité de ne pas mettre en concurrence le secteur associatif et les entreprises de loisirs du secteur privé.

Quant au service civique, une question cruciale lorsqu’on parle du volontariat, il a été dit par Annick Girardin qu’il captait l'essentiel des dépenses de jeunesse. « Même si c'est une mesure excellente, elle ne peut pas représenter toutes les politiques de jeunesse. Sur les 230 millions d'euros du budget Jeunesse et Education populaire, 140 millions sont réservés aux jeunes en service civique. Pour les autres, cela veut dire qu'il reste moins d'un euro par mois et par personne. »

Animateurs et professeurs

Autre point important de ce débat : la relation entre l’éducation populaire et l’Education nationale. « Nous faisons le pari d'une réforme globale de l'éducation qui ne doit pas se refermer sur l'école », a indiqué Vincent Peillon (représentant de François Hollande). « Nous avons travaillé à la conception d'une loi-cadre de programmation et d'orientation à l'automne. Nous avons consulté les principales associations d'éducation populaire à ce sujet, parlant de construction commune […] Il faudrait que la formation des enseignants intègre une formation sur le travail avec les associations. »

Dans la salle, les réactions des professionnels ont été immédiates : « L'éducation populaire doit entrer dans les établissements scolaires et ne pas se cantonner au périscolaire » … « La formation des enseignants ne contient aucun module sur la connaissance des besoins des enfants alors que la formation des animateurs est bien plus performante sur ces points. »

Désobéir à l’Europe

Présente durant ce débat, la députée européenne Françoise Castex et ancienne conseillère Jeunesse et Education populaire, a rappelé que « l'union européenne ne connaissait qu'une seule chose : la mise en concurrence. Les collectivités sont donc mises en position de clients qui achètent une prestation. » C’est pourquoi « il faut assumer de désobéir aux directives européennes qui vont contre l'intérêt général ».

Ce débat, comme le désiraient ses organisateurs, s’est donc révélé être un espace de réflexion, au sein duquel les représentants des candidats de gauche à l’élection présidentielle ont exprimé leur avis sur les possibles politiques de jeunesse et d’éducation populaire qu’il est nécessaire de mettre en œuvre. Un premier pas vers une reconquête de la spécificité de notre vie associative.

Source : AEF

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