Été 2020 : à quoi ressembleront les "vacances apprenantes" voulues par Jean-Michel Blanquer ? – Photo © Laurence Fragnol

Été 2020 : à quoi ressembleront les 'Vacances apprenantes' voulues par Jean-Michel Blanquer ?

Le 15 avril, Jean-Michel Blanquer, a annoncé sur LCI puis au Sénat la mise en place, cet été, de colonies de vacances "très éducatives". Selon lui, ces offres seraient pour les jeunes les plus en difficulté une opportunité "de bénéficier d’espaces, où ils pourr[aient] sortir de leur cadre quotidien d’une part et apprendre en s’amusant d’autre part". Cette annonce, faite alors que régnait un alarmant silence autour de la situation des ACM et des organismes de séjours, a suscité de vives réactions. Certains professionnels ont vu là une proposition marchande, niant le caractère éducatif des séjours de vacances collectifs classiques.

Il a fallu attendre début mai pour que Jean-Michel Blanquer précise brièvement les modalités de l’opération Vacances apprenantes : elles auraient par exemple lieu "dans la même région que celle de l’enfant, dans un milieu champêtre et valoriseront les villages ruraux". Or, depuis plusieurs semaines, un groupe composé de membres de l’Union nationale des associations de tourisme et de plein air (Unat) et de plusieurs fédérations et réseaux d’organisateurs de séjours travaillait chaque jeudi, en collaboration avec le ministère, à la rédaction d’un cahier des charges autour des "colonies studieuses" et des "accueils de loisirs studieux". Le Collectif Camps Colos, qui a alerté début avril le ministre Jean-Michel Blanquer et son secrétaire d'État Gabriel Attal sur les conséquences de la crise sanitaire pour le secteur de l'animation, n'a pas été associé à cette démarche.

Un cadre

Dans les documents de travail que nous nous sommes procurés, on apprend que l’organisation des "colonies studieuses" et des "accueils de loisirs studieux" s’appuierait sur le cadre réglementaire et pédagogique des accueils collectifs de mineurs (CASF).

Les colonies studieuses seraient organisées pour une durée minimale de 5 jours ouvrés, du 4 juillet au 31 août 2020, "dans la région ou dans un rayon de 200 km du lieu de domiciliation de la majorité du public prioritaire accueilli". Ce dispositif serait partenarial et décliné au plus près des territoires. "Ainsi, les DDCS-PP, DRJSCS et les IA-DASEN sont chargées de la mise en place du comité de labellisation qui évalue les séjours et attribue le label."

Quant aux accueils de loisirs studieux, ils se dérouleraient aussi du 4 juillet au 31 août, cette fois "à proximité des zones où est domiciliée la majorité du public prioritaire accueilli. […] Ils fonctionneront sur une durée minimale de 10 jours ouvrés (2 semaines), le matin et l’après-midi. Un temps de restauration sera prévu (restauration collective ou pique-nique)". Les groupes d’appui départementaux (GAD) seraient "chargés de procéder à la labellisation des accueils, à leur accompagnement et à leur suivi".

Ces deux dispositifs accueilleraient uniquement des jeunes âgés de 6 à 16 ans.

Une labellisation

On découvre aussi sur ces documents les conditions de la labellisation. Les colonies studieuses comme les accueils de loisirs studieux se structureraient autour du renforcement scolaire et de la mise en place d’activités créatives et thématiques en lien avec : le développement durable et la transition écologique ; les arts et la culture ; le sport et le sport de nature ; la science, l’innovation, le numérique ; la découverte ou l’approfondissement de langues étrangères.

Ces dispositifs tiendraient compte de la nécessité de proposer "aux publics des activités adaptées à leurs besoins de s’aérer et de contacts avec la nature après une longue période de confinement tout en répondant à leurs besoins psychologiques et cognitifs en toute sécurité". Ils visent également "la découverte du territoire de proximité, de l’environnement naturel, du patrimoine historique et culturel, notamment par l’organisation de sorties".

Un financement

Ces projets détaillent la composition et la qualification des équipes d’animation. On apprend notamment que "les intervenants des séquences de renforcement scolaire disposeront des compétences nécessaires au bon déroulement des activités et en adéquation avec le projet pédagogique (animateurs étudiants, accompagnants scolaires, enseignants volontaires, intervenants extérieurs, parents bénévoles diplômés, etc.)".

Bien entendu, sont aussi évoquées les aides, sans pourtant en préciser les montants, qui seraient reçues par les organisateurs. Pour les colonies studieuses, il y aurait un financement forfaitaire afin de proposer des activités correspondant au cahier des charges et un financement indirect via "des aides sociales aux vacances et/ou subvention aux organisateurs". Pour les accueils de loisirs studieux : "Les mineurs prioritaires identifiés sont pris en charge par l’organisateur qui bénéficiera, selon le respect du label, et sous réserve des crédits disponibles, d’une subvention de fonctionnement de l’État et, le cas échéant, d’aides relevant de dispositifs de droit commun ou spécifiques mobilisés localement."

Des questions en suspens

Ces documents de travail nous permettent de mieux cerner ce que sera ce nouveau dispositif. De nombreuses questions pratiques demeurent encore en suspens, qui devront être traitées avant l'annonce officielle de ce dispositif : les équipes d’animation devront-elles également venir de la région ou de moins de 200 km durant ces colonies ? Combien d’enfants sera-t-il possible de faire dormir dans une même pièce ou sous tente ? Quelles seront les procotoles sanitaires appliqués dans ces accueils et séjours ? Etc. La plus importante de toutes restant : serait-il simplement possible d’organiser des séjours cet été, en raison de la crise sanitaire ? Cette question sera définitivement tranchée par le Premier ministre à la fin mai.

Téléchargez le document de travail sur les colonies studieuses et le document de travail sur les accueils de loisirs studieux.


Commentaires (1)

  • anon

    Merci pour le contexte d'élaboration du texte, Unat et fédés d'organisateurs.

    Si les organisateurs sont co-rédacteurs je me demande quel sens précis donner au mot volontaire dans la phase suivante ?

    "Les organisateurs sont incités à recruter des directeurs et des animateurs volontaires et majoritairement expérimentés pour répondre au mieux aux besoins spécifiques des publics accueillis."

    mai 10, 2020
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