Sexualité : des supports pour comprendre et mieux agir

Sexualité : des supports pour comprendre et mieux agir

Dernièrement, au hasard de mes pérégrinations sur les réseaux sociaux, je suis tombé sur une publication dans un groupe d’animateurs, plus exactement la photo d’un dessin d’un jeune enfant qui représentait un phallus pénétrant le corps sexualisé d’une femme. À côté, le dessinateur avait ajouté des onomatopées qui ne laissaient aucun doute sur le sujet de la scène : « Oh oui ! Oh oui ! Oh oui ! »

Bien plus que l’illustration, ce sont les quatre émoticônes « hilare » des animateurs au bas de ce post qui m’ont choqué. Face à un enfant qui représente une telle scène, on ne rigole pas : on s’interroge sur comment il a pu y être confronté (accident, libre accès à des images pornographiques, etc.), on questionne les autres professionnels, on demande conseil à sa hiérarchie… pour, au final, sûrement échanger avec les parents. Cinq animateurs (avec celui qui a posté) à rire de ce dessin, c’est bien trop, même si heureusement d’autres professionnels ont relevé qu’il y avait bien là un « problème ».

Cet exemple montre le besoin réel et profond du secteur d’être mieux outillé face à la vie affective et la sexualité des jeunes, et par extension d’être formé aux comportements à adopter face à ce type de dessin mais aussi aux violences sexuelles et à l’impact de la pornographie sur les jeunes.

Voici deux ressources récentes autour de ces questions qui alimenteront sans aucun doute la réflexion en équipe : un rapport de l’Académie nationale de médecine et trois livrets publiés par les éditions Bayard jeunesse pour trouver les mots justes selon les âges de votre public.

Sur la pornographie

Comme le rappelle le rapport de l’Académie nationale de médecine, Accès à la pornographie chez l’enfant et l’adolescent : conséquences et recommandations, adopté le 24 janvier : « La pornographie a toujours existé. Depuis les années 1970 et la libération sexuelle, elle fait partie de notre société. Il est difficile d’affirmer si elle est plus violente ou extrême aujourd’hui. Néanmoins sa diffusion plus grande et plus facile inquiète certains. En effet, depuis l’avènement de la vidéo dans les années 1980 et encore plus dans les années 2000 avec Internet et les nouveaux médias, on peut considérer que la pornographie est partout et surtout accessible même par des enfants en quelques clics. Les photos ou films pornographiques sont très facilement disponibles, même quand ils mettent en image des pratiques violentes, douloureuses, humiliantes voire zoophiles. Certaines, non moins accessibles, décrivent des viols. Le porno est devenu plus une affaire d’argent que de sexualité puisqu’il représente 25 % du trafic web de vidéos dans le monde. »

Ce rapport de 32 pages fait suite à une saisine de la Haute Autorité de Santé, elle-même alertée par le monde associatif. Finalement, le groupe de travail formé par l’Académie a émis plusieurs recommandations, à destination des parents, des enfants et des adolescents mais aussi des vecteurs de la pornographie, des acteurs de la recherche, de la société et des politiques. Elle préconise de repenser l’éducation à la sexualité à l’école et d’intégrer les parents dans cette éducation. Elle souligne aussi l’importance de responsabiliser tous les acteurs de l’industrie des nouvelles technologies et de faire évoluer la réglementation pour obtenir une législation de même nature que pour les médias plus classiques.

Le rapport peut être librement consulté ici. On s’attardera entre autres sur la partie consacrée à l’ampleur du phénomène chez l’enfant et l’adolescent, en particulier en France, et de ses conséquences sur leur construction. On y découvre aussi le peu d’études réalisées sur cette question pourtant centrale… car « la pornographie a une influence sur la manière avec laquelle les jeunes vont appréhender leur sexualité et celle de leurs pairs ».

Sur les violences sexuelles

« Parler de violences sexuelles à des enfants est difficile pour tout le monde. Inimaginables et inacceptables, on ne pense pas qu’il soit nécessaire de les évoquer avec eux, espérant ainsi les protéger de certaines réalités du monde. Et pourtant… »

Voilà maintenant plusieurs années que Bayard Jeunesse s’est engagée contre les violences sexuelles faites aux enfants. Régulièrement, la maison d’édition propose des outils en direction des enfants et des acteurs éducatifs pour comprendre, réagir et briser le silence. Les plus récents sont trois livrets réalisés avec l’aide de médecins et psychologues spécialisés. L’éditeur jeunesse aide petits et grands, parents et éducateurs. Ces supports ont été imaginés pour trouver les mots justes et les informations adaptées à chaque âge : 3-7 ans (Mon corps est un trésor), 7-13 ans (Stop aux violences sexuelles faites aux enfants) et 14-18 ans (Stop aux violences sexuelles).

Ces documents ont reçu le soutien de la Défenseure des droits et sont gratuitement téléchargeables. Alors pourquoi se priver de les consulter ?


Connectez-vous ou inscrivez-vous pour publier un commentaire