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Renouveau de l'animation : à quand les actes ?

Chapo

De nombreuses mesures pour le secteur de l’animation avaient été annoncées pendant l’été. Mais, pour l’instant, on attend encore des actes concrets de la part du Gouvernement.

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© Estelle Perdu
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Aurore Bergé, ministre des Solidarités et des Familles, annonçait, le 27 juillet dernier, la mise en en place du pass colo dès 2024, à savoir d’une aide financière pour faciliter les départs en séjours de vacances. Le lendemain, un communiqué de la Caf en expliquait les grands contours. Cette aide serait destinée aux jeunes rentrant au collège, délivrée sur critères sociaux et dégressive en fonction du quotient familial inférieur ou égal à 1500 € (voir l’encadré ci-dessous). « Elle sera versée à l’organisateur du séjour labellisé Pass Colo, selon le principe du tiers payant : les familles n’auront à payer que le solde restant à leur charge. » Depuis, plus rien, le grand silence. Même la secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et du Service national, Prisca Thevenot, ne s’est pas à notre connaissance exprimée publiquement sur ce dispositif. Pas plus que sur la possible augmentation de la rémunération du contrat d’engagement éducatif aussi annoncée en juillet.

Paragraphes

Pass colo : le montant des aides

L’aide financière, versée à l’organisateur du séjour labellisé, variera en fonction des ressources de la famille :
• 350 € pour les QF de moins de 200 €,
• 300 € pour les QF compris entre 201 et 700 €,
• 250 € pour les QF compris entre 701 et 1200 €,
• 200 € pour les QF compris entre 1201 et 1500 €.

Une bonne volonté affichée

Pas de nouvelles ? Pas exactement. Le député de la Manche Bertrand Sorre (Renaissance) avait interpellé le 1er août la ministre des Solidarités et des Familles. Dans sa question, il souhaitait savoir si ce dispositif serait « bien effectif en 2024, si l'objectif de faire partir 80 % d'enfants [serait] tenu et comment ce dernier [serait] déployé auprès des familles pouvant en bénéficier ».

Et une réponse gouvernementale a été rendue le 7 novembre, comme le mentionne le portail JuriACM de la Jeunesse en plein air. Elle répète ce que l’on savait déjà sur le dispositif dont la gestion opérationnelle sera confiée à Vacaf, structure de la branche Famille dont la mission est de favoriser les départs des jeunes en séjours de vacances. Elle nous assure aussi de la volonté gouvernementale « de mener une action résolue portant à la fois sur l’offre et la qualité des séjours, notamment en facilitant les recrutements d’animateurs et en renforçant leurs compétences, et sur la demande des familles, en aidant financièrement celles pour qui le coût des séjours représente un frein, tout en veillant à la plus grande diversité des publics, dans un objectif de mixité sociale, et à la sécurité et à la qualité éducative des séjours ».

La revalorisation du CEE

Cette apparente bonne volonté gouvernementale non suivie d’actes concrets ne rassure aucun acteur du secteur. La Jeunesse au plein air, comme d’autres, cherche ainsi des relais parmi les députés et les sénateurs pour questionner le Gouvernement, dans l’espoir d’obtenir des réponses claires et précises.

Les réponses quand il y en a demeurent cependant évasives, à l’image de celle donnée encore le 7 novembre, à une question de la députée de la Charente Anne-Laure Babault (Démocrate) sur la possible et prochaine modification des contrats d’engagement éducatif. Le Gouvernement explique s’appuyer sur les travaux du comité de filière Animation « qui a exprimé un consensus sur l'opportunité de relever le minimum légal de la rémunération du contrat d'engagement éducatif [et qui] s'est déclaré majoritairement favorable à un relèvement à 50 euros brut par jour ». Puis, attendre de nouvelles réformes de la part de ce même comité. « Dès cette rentrée, dans la logique partenariale du comité de filière animation, le Gouvernement poursuivra son action pour l'attractivité du secteur, la revalorisation et la promotion de l'animation dans tous les territoires et pour tous les enfants, afin de répondre durablement au défi de l'emploi et de la pénurie de main-d'œuvre. »

La réponse ne dit donc rien de l’avenir du CEE, hormis que sa rémunération pourrait être augmentée. C'est le serpent qui se mord la queue.

Une certitude, toutefois

La seule véritable certitude de ces derniers mois est le maintien du fonds de soutien au développement des activités périscolaires (FSDAP) jusqu’à la rentrée 2025. L’article 54 du projet de loi de finances pour 2024 qui prévoyait sa disparition a été supprimé avant le vote. Lors des débats, comme l’écrit l’AEF, le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse Gabriel Attal a accepté « le report de cette décision d’un an, à la rentrée 2025, et de concerter les collectivités territoriales pour les années suivantes ».

Le 1er décembre, les sénateurs ont ainsi adopté les crédits de la mission Enseignement scolaire du PLF 2024 et un amendement de Jacques Grosperrin (LR) « tirant les conséquences de l’annonce par le ministre du maintien en 2024 du fonds de soutien au développement des activités périscolaires » qui, dès lors, « rétablit les crédits à hauteur de ceux attribués en 2023 », via une enveloppe de 30 millions d'euros.

Une bien maigre consolation quand on connaît tous les profonds besoins du secteur de l’animation fragilisé par la crise sanitaire et la crise économique, et ceux des professionnels qui continuent de s’investir au quotidien.

Titre :
Renouveau de l'animation : à quand les actes ?
Auteur :
Florent Contassot
Publication :
22 avril 2024
Source :
https://www.jdanimation.fr/node/2171
Droits :
© Martin Média / Le Journal de l'Animation

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