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Agir contre les violences sexuelles et sexistes

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La lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans les accueils collectifs de mineurs a été annoncée ces derniers mois comme une priorité ministérielle. Qu’en est-il et quelles dispositions concrètes ont été prises ?

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© Laurence Fragnol
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« Il nous appartient de permettre aux enfants qui en expriment le besoin de parler et aux animateurs d’être formés ou préparés à faire face à ces situations [de violences sexuelles et sexistes]. Les accueils collectifs de mineurs peuvent, de plus, eux-mêmes être le lieu de violences. […] Il convient donc de les prévenir, qu’il s’agisse de violences sexuelles et sexistes entre jeunes, entre animateurs, ou d’animateurs sur des jeunes. » C’était l’une des grandes volontés de la précédente secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et du Service national, Sarah El Haïry : faire une priorité de la lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans les accueils collectifs de mineurs afin que ces « lieux d’épanouissement des enfants et des jeunes offrent un contexte de confiance de nature à faciliter la libération de la parole. »

Des mesures sont annoncées, et des outils publiés pour lutter de manière organisée et réfléchie contre « les violences sexuelles et sexistes entre jeunes, entre animateurs, ou d’animateurs sur des jeunes ».

Former pour prévenir

Il est prévu une modification de l’arrêté relatif au programme du Bafa, pour préciser que cette formation a également pour objet d’« assurer la sécurité physique et morale des mineurs et en particulier les sensibiliser, dans le cadre de la mise en œuvre d’un projet pédagogique, aux risques liés, selon les circonstances, aux conduites addictives ou aux comportements, notamment ceux liés à la sexualité. La prévention des violences sexuelles et sexistes est ainsi abordée. » Sera inclue également la prévention des violences verbales pour empêcher les remarques sur le physique ou la désirabilité future des jeunes.

C’est une très bonne nouvelle mais qu’en est-il des animateurs déjà en poste et de ceux qui arriveront dans le secteur par une autre voie de formation ?

La réponse est du ressort de l’organisateur d’ACM, comme nous le découvrons dans les chartes contre les violences sexuelles et sexistes rédigées par le comité de filière Animation et publiées par le ministère début juillet. En effet, on y lit que l’organisateur d’ACM doit s’engager à « inscrire la prévention et la lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans le projet éducatif », « sensibiliser les équipes, notamment au moyen de ressources internes à chaque organisme signataire et du guide de bonnes pratiques réalisé par la Djepva en relation avec les acteurs du secteur de l’animation » et « recruter des personnels formés sur les questions relevant des violences sexuelles et sexistes, ou le cas échéant leur proposer une formation et s’assurer qu’elle a bien été réalisée ». On regrettera que le gouvernement, qui a suivi l’avis du comité de filière Animation, n’ait pas été plus loin que cet engagement de principe. Même si la charte des intervenants doit être « présentée de manière systématique par les directeurs de structures, pour signature, à tous les intervenants, permanents ou non, professionnels, volontaires et bénévoles déjà en exercice et à tous les nouveaux intervenants ».

Ces deux chartes peuvent être découvertes dans leur intégralité dans le dossier de presse consacré à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes.

Deux campagnes de sensibilisation contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) à destination des jeunes et de leurs parents ont été également lancées durant l’été. Elles s’intitulaient « Parler peut tout changer » et « Ici votre enfant est en sécurité » et avaient pour objectif de diffuser des affiches rappelant les numéros utiles.

Un guide réactualisé

On notera surtout l’actualisation du guide Accompagnement à la vie relationnelle, affective et sexuelle – Éducation à la sexualité et prévention des violences sexuelles qui, sur près de 140 pages, aborde très concrètement ces thématiques, en prenant appui sur des situations issues de la vie quotidienne d’un ACM. C’est un support de qualité que nous évoquons d’ailleurs à plusieurs reprises dans notre ouvrage Vie affective et sexuelle en accueils collectifs de mineurs – Repères et outils pour l’équipe d’animation, à paraître le 22 novembre.

Les deux affiches et le guide interministériel peuvent être téléchargés sur la page consacrée à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes.

Grâce à ces dispositions, un pas a été fait dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes. Toutefois, espérons qu’il sera suivi par d’autres actions afin d’accueillir les jeunes dans un cadre le plus protecteur possible en ACM, de créer les conditions les plus favorables à la libération de la parole, et de former les encadrants pour leur permettre d’accompagner, sensibiliser et éduquer au mieux les jeunes.

Il faut aussi que tous les organisateurs d’ACM se mobilisent et s’engagent véritablement dans cette lutte. De profonds changements s’imposent.

Métier
Projets d'animation

Titre :
Agir contre les violences sexuelles et sexistes
Auteur :
Florent Contassot
Publication :
15 avril 2024
Source :
https://www.jdanimation.fr/node/346
Droits :
© Martin Média / Le Journal de l'Animation

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