Carnets d'été – Le Kétanou, un accueil d'ados ouvert sur le monde

“La ruralité n’est pas un problème”, annonce d’emblée Mélanie Ménage, responsable du Point Jeunes le Kétanou implanté dans la commune de Louplande (1500 habitants), dans les Pays de la Loire.

“On arrive à se débrouiller avec nos moyens, et en plus, sur la Sarthe, il existe un beau réseau jeunesse. Entre collègues, on échange beaucoup, mais ça implique d’être toujours en alerte. Pour cela, il faut bien utiliser Internet et les réseaux sociaux.”

Directrice et animatrice

Forte d’un bac Sciences médico-sociales, Mélanie s’est rendu compte après un stage que dans sa vie professionnelle, elle avait besoin de dialogue. C’est ainsi qu’elle s’est orientée vers le social. “J’avais passé mon Bafa à 17 ans, en me confrontant à des situations très variées et différents publics : enfants, ados, foyer de jeunes travailleurs, classe découverte avec les écoles. Ces nombreuses expériences m’ont permis de presque tout tester, même si ma priorité reste les ados. Cette tranche d’âge m’a toujours intéressée.”

Grâce au dispositif emploi-jeune, elle intègre le Kétanou deux ans après sa création, et cela fait désormais 10 ans qu’elle a été embauchée par la petite commune rurale. Elle assure les fonctions de directrice et d’animatrice.

“Le local ados concerne les jeunes de 11 à 18 ans, il a vu le jour en 2002 à l’initiative des élus. Il y a toujours eu un animateur pour gérer cet espace dont le principe est un accueil informel le soir. Une soirée est organisée une fois par mois en interne. Durant les périodes de vacances scolaires, j’élabore un planning à l’avance avec la complicité des jeunes. Ils ont assez bien cerné leurs envies et les moyens à disposition. En août, il y a une sortie quad. C’est coûteux, mais ils y tenaient beaucoup. On s’adapte.”

Le dialogue avant tout

Durant l’été, ce sont 10 ados de 11 à 14 ans qui fréquentent la structure. Mélanie avoue beaucoup dialoguer avec eux. Il s’agit d’un élément essentiel afin d’appréhender les jeunes et de se faire accepter.

“Le temps passe, mais un ado reste un ado !”, déclare la directrice. “Dans mon approche, je ne me focalise pas sur le côté prévention pour ne pas les gaver… En fait, on se rend compte qu’ils sont très bien informés. En revanche, si je détecte quelque chose qui ne va pas, ou s’ils se confient, bien entendu j’interviens. Mais ça reste du ponctuel.”

Le but du Kétanou est de rendre les ados plus autonomes et responsables. Mélanie les met à l’aise et ne manque pas de leur dire qu’ils ne sont plus au centre de loisirs. Ils ont des outils à disposition qu’ils sont libres d’utiliser à leur guise mais toujours en respectant les règles.

“Et j’ai également l’ambition de leur faire découvrir autre chose, de multiplier les expériences, par exemple à travers d’un atelier cuisine goûter les plats d’autres pays (avec plus ou moins de réussite…).”

Une grande pièce aux multiples facettes

Mais le Kétanou, ça ressemble à quoi au fait ? Il s’agit d’une grande pièce avec un baby-foot, deux ordinateurs connectés au Web, un espace jeu de société régulièrement actualisé avec les conseils des partenaires de la structure. Dans un autre coin, il y a une kitchenette (évier, frigo, fours, micro-ondes et tous les ustensiles nécessaires). On y trouve également un coin réservé aux jeux vidéo.

“Et puis il y a mon bureau avec trois armoires”, précise Mélanie Ménage. “L’une est réservée à mes affaires personnelles et professionnelles, la deuxième contient tout le matériel important pour les activités, et la dernière concerne spécifiquement les activités manuelles. Dans le local ados, il y a également un canapé pour qu’ils se sentent un peu comme à la maison. Sur le plan décoration, on a privilégié les couleurs vives, et un mur a été réalisé par des grapheurs avec l’aide des jeunes. Quant au nom du local, cela remonte à la création. Les élus avaient demandé leur avis aux premiers jeunes qui ont fréquenté la structure, et à cette époque il y avait les débuts du groupe de musique nommé “La rue Kétanou”… C’était en plus une manière pour eux de s’approprier le lieu “qui est à nous”.”

Sasha Terguev


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