Plan mercredi : les premières annonces de Jean-Michel Blanquer – Photo © Laurence Fragnol

Plan mercredi : les premières annonces de Jean-Michel Blanquer

C’est au tout début de l’année scolaire, le 6 septembre 2017, que Jean-Michel Blanquer, interrogé sur France Info, avait mentionné pour la première fois la préparation d’un plan "pour aider à la qualité du périscolaire vers des contenus plus concrets et plus efficaces" sur la journée du mercredi vaqué, dans le cadre du retour à la semaine de 4 jours d’école. Peu d’informations avaient filtré depuis, mais on avait appris dans une interview accordée en janvier au Journal de l’Animation par Jean-Benoît Dujol, directeur de la DJEPVA, que l’objectif était d’"inciter les communes à investir prioritairement sur cette journée pour développer des activités de loisirs, de découverte et d’initiation à la fois culturelles et sportives dans une logique de cycle qui assurerait une offre structurée et diversifiée en faisant appel aux ressources du territoire (…) en cohérence avec les autres temps de l’enfant".

"Redonner de l’ambition aux PEDT"

Jean-Michel Blanquer a été interpelé sur cette question le mardi 5 juin 2018 à l’Assemblée nationale par la députée de l’Allier Bénédicte Peyrol (LRM), désireuse de "connaître les intentions du Gouvernement au sujet des modalités du plan mercredi en termes de moyens humains et financiers" (vidéo accessible ici et transcription de la question/réponse ici).

Dans sa réponse, le ministre a expliqué que, dans les communes revenues à 4 jours d’école par semaine, "le mercredi libéré offre désormais un temps long pendant lequel peuvent être organisées, en lien avec les territoires, davantage d’activités périscolaires offrant une forte plus-value éducative, en cohérence avec les temps scolaires et familiaux".

S’il s’est félicité qu’"un certain nombre de collectivités (…) souhaitent conserver leur projet éducatif territorial – PEDT –, qui a produit des effets intéressants sur les territoires, notamment en termes de complémentarité éducative", il a reconnu que "parfois, ces PEdT étaient purement formels".  C’est pourquoi il souhaite "à travers le plan mercredi, [redonner] une ambition à ces projets en [s’appuyant] sur l’existant et en tenant compte de l’état d’avancement des territoires en matière de politique éducative".

"Assouplissement des taux d’encadrement"

Jean-Michel Blanquer a également annoncé, pour inciter les collectivités à "organiser leurs accueils du mercredi sous le régime des accueils collectifs de mineurs", que "la réglementation pourrait faire l’objet d’un assouplissement s’agissant des taux d’encadrement". Il semblerait que l’objectif soit de considérer la journée du mercredi non plus comme un temps extrascolaire mais bien comme du périscolaire, afin de permettre l’application des taux d’encadrement "assouplis" autorisés dans le cadre des PEDT. Ces taux, instaurés lors de la réforme des rythmes scolaires du précédent gouvernement, ont été largement décriés par les animateurs, et ont suscité de vives tensions dans le passé entre gouvernement et syndicats du secteur de l'animation, débouchant sur un mouvement de grève en septembre 2016.

Par ailleurs, répondant à l’une des interrogations principales de Bénédicte Peyrol et des collectivités, le ministre Blanquer a affirmé que "les accueils du mercredi pourront (…) faire l’objet d’un soutien financier de la Cnaf dans le cadre de la convention d’objectifs et de gestion 2018-2022, qui est en cours de discussion." Mais selon lui, "le plan mercredi ne se résume pas à l’appui financier de l’État, en lien avec la Cnaf. C’est aussi un état d’esprit, la mutualisation de moyens, une plus grande visibilité vis-à-vis des familles sur ce qui est offert le mercredi, une mobilisation accrue (…) ainsi qu’une capacité à recoudre les liens entre l’Éducation nationale et des acteurs périscolaires, qui s’étaient un peu distendus au travers de la précédente réforme."

Si l’on peut saluer l’intention éducative mise en avant par Jean-Michel Blanquer, il est évident que les quelques éléments qu’il a révélés laissent la place à de nombreuses incertitudes. Celles-ci devraient être levées rapidement, car le ministre a prévu de dévoiler le "plan mercredi" dans les "prochains jours".

Mise à jour du 11 juin 2018 :

Suite à ces annonces de Jean-Michel Blanquer, une pétition en ligne a été lancée par un animateur, Romain Triau, afin de demander "pour notre qualité de travail mais également et surtout, dans l'intérêt des enfants (…) de ne pas assouplir les taux d'encadrement, mais également d'en finir avec ces allègements". Le 11 juin en fin de matinée, elle a déjà recueilli plus de 780 signatures.


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