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Les difficultés de recrutement dans l'animation semblent se stabiliser, mais restent élevées

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Le  Fonjep et Hexopée ont publié le 17 octobre leur baromètre 2023 sur les difficultés de recrutement du secteur… qui se stabiliseraient enfin.

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Les difficultés de recrutement dans l'animation semblent se stabiliser
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© Laurence Fragnol
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La troisième édition de l’enquête intitulée Les métiers en tension et les besoins dans l’Éducation populaire a été réalisée du 12 septembre au 3 octobre dernier. Elle a été ouverte aux structures et aux associations adhérentes à Hexopée (l’organisation professionnelle représentative de la branche Éclat) ou membres du réseau Fonjep (Fonds de coopération de la jeunesse et de l’éducation populaire) ; au final, elle a enregistré 1701 réponses représentant 52 790 ETP salariés.

En 2023, le Baromètre laisse transparaître une relative stabilisation des difficultés de recrutement.

En 2022, 76,1% des répondants déclaraient en effet rencontrer des difficultés de recrutement. Ils sont 72,4% en 2023. Néanmoins, « pour 40% des employeurs, la situation n’a pas évolué depuis 2022 et 32% estiment [encore] que les difficultés se sont accrues (61% en 2022) ». Cette stabilisation peut être expliquée par la « contraction de l’activité des associations », à savoir une baisse de leurs activités qui conduit nécessairement à une diminution des recrutements. De nombreuses équipes salariées et bénévoles ont fait part dans l’enquête du besoin « de devoir redimensionner ou renoncer à certaines activités, d’autres alertant sur le surmenage ou l’épuisement des équipes, quand enfin certaines regrettent de voir leur travail moins bien réalisé ».

En marge, on notera que 6561 postes restent à ce jour vacants dans les 1701 structures employeuses ayant répondu à l’enquête, dont 1932 animateurs permanents et 2157 animateurs saisonniers.

L’accès aux formations : première cause des difficultés

Pour 68% des 1701 répondants, l’accessibilité et le financement des formations sont le premier frein à l’emploi, devant les difficultés liées à la mobilité des salariés et à leur logement (57%) et l’amplitude horaire des postes (53%)… et bien avant la rémunération et les perspectives d’évolution (32%).

Les raisons des difficultés de recrutement ont donc totalement changé car, dans l’enquête 2022, la rémunération et les perspectives d’évolution étaient pointées par 74 % des répondants. Ce résultat démontrait notamment « les conséquences très fortes de l’inflation sur le déficit d’attractivité du secteur auprès des salariés, mettant au cœur des difficultés de recrutement la question des rémunérations et des temps partiels ».

Ce rééquilibrage, comme l’expliquent conjointement Hexopée et le Fonjep, peut tenir « aux engagements très importants pris par les employeurs de l’Éducation populaire, dans le cadre du comité de filière animation et au sein des cadres paritaires dans les branches pour améliorer le niveau des rémunérations, et soutenir la construction de temps complets. » Entre la première édition de cette enquête à l’automne 2021 et le 1er janvier 2024, les minimas conventionnels de la branche Éclat ont augmenté de 9,8% et un accord a été passé sur la rémunération du temps de préparation des animateurs. Est également prévue une augmentation de la rémunération minimale des animateurs en contrat d'engagement éducatif, annoncée en juillet 2023 par Sarah El Haïri (alors secrétaire d’État à la Jeunesse et au Service national universel), mais son montant et ses modalités d'application n'ont toujours pas été précisées (50 € ont été évoqués mais la mesure semble encore entre les mains du comité de filière Animation).

D’autres efforts à produire

« Si les difficultés de recrutement des employeurs associatifs semblent se stabiliser, elles restent cependant élevées. Dans un contexte international et national où le besoin d'éducation populaire est plus manifeste que jamais, cela interroge notre capacité collective à adapter les politiques publiques qui soutiennent l’emploi associatif face à la fragilisation des modèles socio-économiques associatifs », souligne Patrick Chenu, président du Fonjep. Pour Hexopée et le Fonjep, ces mesures doivent encore être consolidées et renforcées. Les deux organisations sollicitent donc de nouvelles décisions publiques sur le fonctionnement du marché de l’emploi associatif, notamment :
« • de porter jusqu’à 10 000 € l’aide annuelle des postes Fonjep qui sont un véritable levier de professionnalisation des associations,
d’élargir le plan de soutien à la formation et qualification des salariés vers les métiers de l’Éducation populaire,
d’établir un plan spécifique pour résoudre les problèmes de mobilité et de logement des saisonniers. »

Ainsi que le rappelle David Cluzeau, délégué général d’Hexopée : « Il est désormais impératif de ne pas laisser la situation au milieu du gué, et de renforcer encore les politiques publiques prises pour soutenir l’attractivité du secteur. »

Métier

Titre :
Les difficultés de recrutement dans l'animation semblent se stabiliser, mais restent élevées
Auteur :
Florent Contassot
Publication :
26 mai 2024
Source :
https://www.jdanimation.fr/node/2092
Droits :
© Martin Média / Le Journal de l'Animation

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